‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 50 sur 141 · BOSSUET · texte numérisé non relu

BOSSUET

L;t iausse et la véritable Eruditiou.

Nous savons qu'il est une science peu digne des efforts de l'esprit humain ; ou plutôt il est des savans peu estimables, de qui le bon sens paraît comme accablé sous le poids d'une fatigante érudition. L'art, qui ne doit qu'aider la nature, l'étouffé chez eux, et la rend impuissante. On dirait qu'en apprenant les pensées des autres, ils se soient condamnés eux-mêmes a ne plus penser, et que la science leur ait fait perdre l'usage de la raison. Chargés de richesses superflues, souvent le n>< saire leur manque; ils savent tout ce qu'il faut ignorer, et ils n'ignorent que ce «pi ils devraient savoir.

A Dieu ne plaise qu'une telle science devienne jamais l'objet de nos veilles! Mais ne cherchons point aussi à faire, des défauts de quelques savans, le crime de la m ience même.

Il est une culture savante, il est un arl ingénieux qui, loin d'étouffer la nature et de la rendre stérile, augmente

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