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2yo FABLES ET ALLÉGORIES.
Le Voyageur et le Palais.
Un homme s'égare pendant la nuit ; à la lueur d'un ciel étoile, il découvre un palais : il y entre. Des serviteurs de toute espèce s'empressent sur ses pas, et lui témoignent, chacun dans son langage, qu'ils ont reçu l'ordre de pourvoira ses besoins. (Quelques uns se taisent, et n'en remplissent pas moins leur ministère. Partout le mouvement règne autour de lui. On attache aux lambris des lampes étincelantei ; on réchauffe les foyers; on lui apporte des fourrures en hiver, des fruits délicieux et rafraîchissans en été. Les désirs ne lui semblent permis que pour devenir à son profit des occasions de bienfaits. Une horloge magnifique, visible de tous lesappartemens, sonne les heures et donne le signal des travaux qui rentrent encore dans la classe des jouissances. Les mouvemens de ce régulateur sont si bien calculés, que Greenham luimême eût désespéré d'atteindre à cette précision.
A peine le voyageur a-t-il senti la douce invasion du sommeil, qu'un sombre rideau s'abaisse devant lui, et (jue le silence est ordonné autour de sa couche. Son réveil est marqué par de nouvelles attentions dont il est l'objet. Les maîtres du palais ne se montrent pas , mais il les suppose occupés dans le secret de leurs appartenons. Il s'éloigne, et il poursuivra sa route sans les avoir personnellement vus. Mais, frappé de l'accord, de l'ordre, de la majesté, tic la promptitude et de l'exactitude du ser\ ice qui s'est fait sous ses yeux , il emporte avec lui le sentiment de leur présence. 11 se gardera, toute sa vie, de dire qu'il a résidé dans un château abandonne, où son arrivée aurait ete un accident imprévu , et où rien n'aurait ete pi éparé pour le rece\ oir.
Il se permettra encore moins de penser que Je propriétaire est un Être malfaisant, sur ce que de nouveaux
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