I . pour ' l
peu <pi il ne craint de Ici mm rifiei I I insti d< don du n ■■■ >)• I .mm <
• , ne murmui M
donner une telle înatru< tion:Un>yariea kâ<
puiaque, < omme ron i »
!'• in.-inr < nuji (j N
M de ii-.l:
uoor du monde, i rlui . n
nuit démurm
' iill|) , « ninmc un «•( l.il <l<- loin,
io NARRATIONS.
vclle: Madame se meurt ! Madame est morte! Qui de nous ne se sentit frappé à ce coup , comme si quelque tragique accident avait désolé sa famille? Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourut à Saint- Cloud de toutes parts; on trouve tout consterne', excepte' le cœur de cette Princesse : partout on entend des cris; partout ou voit la douleur et le désespoir, et l'image de la mort. Le Roi, la Reine, Monsieur, toute la Cour, tout le peuple, tout est abattu , tout est désespéré ; et il me semble que je vois l'accomplissement de cette parole du Prophète (i) : « Le Roi pleurera, le Prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple de douleur et d'étonnement. »
Mais et les Princes et les peuples gémissaient en vain ; en vain Monsieur, en vain le Roi même tenait Madame serrée par de si étroits embrassemens. Alors ils pouvaient dire l'un et l'autre, avec saint Ambroise : Slringebam brachia, sed jam amiseram quant tenebam , je serrais les bras , mais j'avais déjà perdu ce que je tenais. La Princesse leur échappait parmi des embrassemens si tendres, et la mort plus puissante nous l'enlevait entre ces royales mains.
Quoi donc ! elle devait périr sitôt! Dans la plupart des hommes, les changemens se font peu à peu, et la mort les prépare ordinairement à son dernier coup ; Madame cependant a passé du matin au soir , ainsi que l'herbe des champs ; le matin elle fleurissait, avec quelles grâces ! vous le savez : le soir nous la vîmes séchée ; et ces fortes expressions par lesquelles l'Ecriture sainte exagère l'inconstance des choses humaines devaient être pour cette Princesse si précises et si littérales !....
La voilà, malgré son grand cœur, cette Princesse si admirable et si chérie! la voilà telle que la mort nous l'a faite ; encore ce reste tel quel va-t-il disparaître; cette
(i) Rex lugebit, et Princeps induetur mœrore , et manus populi terras conturbabantur. Ezech. c. vu, v. 27.
cenJr i
plir
qui fasMiit qi
! Il v
la NARRATIONS.
hommes ordinaires n'ont point de trône à perdre ; mais leur intérêt ajoute à la pitié, quand un exemple frappant les avertit que leur vie n'est rien. On dirait qu'ils apprennent cette vérité pour la première fois ; car tout ce qu'on sent fortement est une espèce de découverte pour l'âme. On ne peut douter que Bossuet, en composant cet éloge funèbre , ne fût profondément affecté, tant il y parle avec éloquence et de la misère et delà faiblesse de l'homme! Comme il s'indigne de prononcer encore les mots de grandeur et de gloire ! Il peint la terre sous l'image d'un débris vaste et universel; il fait voir l'homme cherchant toujours à s'élever, et la puissance divine poussant l'orgueil de l'homme jusqu'au néant, et, pour égaler à jamais les conditions , ne faisant de tous qu'une même cendre : cependant Bossuet , à travers ces idées générales , revient toujours à la Princesse ; et tous ses retours sont des cris de douleur. On n'a point encore oublié , au bout de cent ans , l'impression terrible qu'il fit , lorsqu'après un morceau plus calme , il s'écria tout à coup : « O nuit désas- » treuse! ô nuit effroyable! où retentit, comme un éclat « de tonnerre , cette étonnante nouvelle : Madame se u meurt ! Madame est morte ! » Et quelques momens après , ayant parlé de la grandeur d'âme de cette Princesse, tout à coup il s'arrête, et montrant la tombe où elle était renfermée : « La voilà , malgré son grand cœur, « cette Princesse si admirée et si chérie ! la voilà telle
« que la mort nous l'a faite ! etc » Puis tout à coup
il craint d'en avoir trop dit. Il remarque que la mort ne nous laisse pas même occuper une place , et que l'espace n'est occupé que par les tombeaux. Il suit les débris de l'homme jusque dans sa tombe. Là, il fait voir une nouvelle destruction au-delà de la destruction: l'homme, dans cet état, devient un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue: « tant il est vrai, s'écrie l'orateur, que « tout meurt en lui, jusqu'à ces termes funèbres par les- « quels on exprimait ses malheureux restes ! » 11 est dif-
NARRAT!»
fl< il'' ,j''i t|. '■ ' 1 I
plu . toandon
■ le Mmr de Longur\tiii- , en lasteneal la mort de
«In : ].• m' | M \
rort-B On etl all«-
M \ relie. M de N ei toi • I
[uail l-i.'ii qnelq 1 \ M
menl
>io :«M I
« ta oc lui répootlil i ien. \ M -llr,
mon nu,
M ' Dâmp II .1-1 il |..i. . il ,.n .lit:.: \ | i
quel I
ooe li pi
■ i l'.u .lis éi
elle a toul é| : I
.1« • bouillon . Dieu
i4 NARRATIONS.
Bataille de Rocroi.
A LA nuit qu'il fallut passer en présence des ennemis, comme un vigilant capitaine, le duc d'Enghien reposa le dernier- mais jamais il ne reposa plus paisiblement. A la veille d'un si grand jour, et dès la première bataille, il est tranquille, tant il se trouve dans son naturel; et on sait que le lendemain, à l'heure marquée, il fallut réveiller d'un profond sommeil cet autre Alexandre. Le voyez-vous comme il vole ou à la victoire ou à la mort? Aussitôt qu'il eut porté de rang en rang l'ardeur dont il était animé , on le vit presque en même temps pousser l'aile droite des ennemis , soutenir la nôtre ébranlée , rallier les Français à demi vaincus, mettre en fuite l'Espagnol victorieux, porter partout la terreur, et étonner de ses regards étincelans ceux qui échappaient à ses coups.
Restait cette redoutable infanterie de l'armée d'Espagne, dont les gros bataillons serrés, semblables à autant de tours, mais à des tours qui sauraient réparer leurs brèches, demeuraient inébranlables au milieu de tout le reste en déroute , et lançaient des feux de toutes parts. Trois fois le jeune vainqueur s'efforça de rompre ces intrépides combattans ; trois fois il fut repoussé par le valeureux comte de Fontaines, qu'on voyait porté dans sa chaise, et , malgré ses infirmités, montrer qu'une âme guerrière est maîtresse du corps qu'elle anime ; mais enfin il faut céder. C'est en vain qu'à travers des bois, avec sa cavalerie toute fraîche , Beck précipite sa marche pour tomber sur nos soldats épuisés ; le Prince l'a* prévenu , les bataillons enfoncés demandent quartier ; mais la victoire va devenir plus terrible pour le duc d'Enghien que le combat,
Pendant qu'avec un air assuré il s'avance pour recevoir la parole de ces braves gens, j ceux-ci , toujours en
m m'.h \ nom
g»rdr. n nouTtUt »tti
fu'à
lr lr*an
1 vrnt
BOMWil. OrmUc
jnr.
' «Ulr
« mânoruxrr» toi
jucnt ri
retentissent. Duguay-Trouin observe d'un œil tranquille la face du combat, pour porter des secours, réparer des défaites, ou achever des victoires. Il aperçoit un vaisseau armé de cent canons, défendu par une armée entière. C'est là qu'il porte ses coups ; il préfère à un triomphe facile l'honneur d'un combat dangereux. Deux fois il ose l'aborder, deux fois l'incendie qui s'allume dans le vaisseau ennemi l'oblige de s'écarter. Le Devonshire , semblable à un volcan allumé , tandis qu'il est consumé au dedans, vomit au dehors des feux encore plus terribles. Les Anglais, d'une main lancent des flammes, de l'autre tâchent d'éteindre celles qui les environnent. Duguay- Trouin n'eût désiré les vaincre que pour les sauver. Ce fut un horrible spectacle pour un cœur tel que le sien , de voir ce vaisseau immense brûlé en pleine mer, la lueur de l'embrasement réfléchie au loin sur les flots , tant d'infortunés errans en furieux, ou palpitans immobiles au milieu des flammes, s'embrassant les uns les autres, ou se déchirant eux-mêmes, levant vers le Ciel des bras consumés, ou précipitant leurs corps fumans dans la mer; d'entendre le bruit de l'incendie, les hurlemens des mourans, les vœux de la religion mêlés aux cris du désespoir et aux imprécations de la rage, jusqu'au moment terrible où le vaisseau s'enfonce, l'abîme se referme, et tout disparaît. Puisse le génie de l'humanité mettre souvent de pareils tableaux devant les yeux des Rois qui ordonnent les guerres ! Cependant Duguay- Trouin poursuit la flotte épouvantée. Tout fuit, tout se disperse. La mer est couverte de débris ; nos ports se remplissent de dépouilles ; et tel fut l'événement de ce combat, qu'aucun des vaisseaux qui portaient du secours ne passa chez les ennemis. Les fruits de la bataille d'Almanza furent assurés ; l'Archiduc vit échouer ses espérances, et Philippe Y put se flatter que son trône serait un jour affermi.
THOMAS. Eloge de Duguay-Trouin.
NABEATION9 ij
Incendie de I I irqur ■ Tchrtme'
turque \ • ihaiidoiui
I illiru .1, t » » i J t - Me.
Q ,v ru.sr t
ferma l M
toml
ulrr
. ..lit II !..
1 1 Mata , m «lu <lan.
>ilOWM