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réunir, préparait des brûlots pour une expédition plus terrible qu'un combat.
Au milieu de la nuit ces brûlots s'avancent, soutenus par trois vaisseaux de ligne, une frégate et une bombarde. Un de ces vaisseaux, monté par Gregg, arriva le premier à l'entrée du port, et y resta long-temps exposé au feu de la batterie et des quatre vaisseaux ennemis, faisant de son côté un feu terrible et continuel, avec des grenades, des boulets rouges, des carcasses, des fusées, de la mitraille. Les deux autres vaisseaux arrivèrent enfin à la même portée, et commencèrent un feu semblable, tandis que la bombarde, placée à leur tête, envoyait au loin ses bombes dans l'intérieur du golfe. Pendant ce temps, les deux brûlots approchent, conduits l'un et l'autre par des officiers anglais. L'un, dont le commandant ne put bien faire comprendre ses ordres par les Esclavons et les Grecs qui formaient son équipage, prit feu trop tôt et brûla inutilement : l'autre s'en éloigna et gagna le centre de l'ennemi. Le crampon s'accrocha à quelques grillages d'un des plus gros vaisseaux turcs. Cinq minutes après , le vaisseau turc fut enflammé , et le feu gagna aussitôt les trois autres vaisseaux qui fermaient l'entrée du port.
Les vaisseaux russes, auxquels on avait envoyé toutes les chaloupes , se retirèrent pour n'être pas exposés quand les vaisseaux ennemis sauteraient en l'air.
L'escadre turque était si resserrée, que les vaisseaux se touchaient presque les uns les autres. En peu d'instans , les flammes poussées par le vent s'élevèrent, s'étendirent, et offrirent aux yeux des Russes le spectacle de la flotte ennemie embrasée tout entière. Le golfe de Tchesmé ne paraissait qu'un immense globe de feu. De lamentables cris sortaient de cette mer enflammée. La plus grande partie des équipages turcs était descendue à terre dans la journée précédente. Ce qui restait dans les navires se précipite dans la mer et cherche à fuir au rivage. Mais les canons de ces vaisseaux étant chargés, à mesure que la
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des gardes qu'on avait établis autour de la colonie pour la garantir des dangers où elle se trouvait par la famine. Maldonata ( c'était le nom de la transfuge), après avoir erré quelque temps dans des routes inconnues etdésertes, entra dans une caverne pour s'y reposer de ses fatigues. Quelle fut sa terreur d'y rencontrer une lionne, et sa surprise quand elle vit cette bête formidable s'approcher d'elle d'un air à demi tremblant, la caresser et lui lécher les mains avec, des cris de douleur plus propres à l'attendrir qu'à l'effrayer! L'Espagnole s'aperçut bientôt que la lionne était pleine, et que ses gémissemens étaient le langage d'une mère qui réclamait du secours pour la délivrer de son fardeau. Maldonata aida' la nature dans le momentdouloureux où ellesemble n'accorder qu'à regret à tous les êtres naissans le jour et cette vie qu'elle leur laisse respirer si peu de temps. La lionne, heureusement délivrée, va bientôt chercher une nourriture abondante, et l'apporte aux pieds de sa bienfaitrice : celle-ci la partageait chaque jour avec les jeunes lionceaux qui, nés par ses soins et élevés avec elle, semblaient reconnaître, par des jeux et des morsures innocentes, un bienfait que leur mère payait de ses plus tendres empressemens. Mais quand l'âge leur eut donné l'instinct de chercher euxmêmes leur proie , avec la force de l'atteindre et de la dévorer, cette famille se dispersa dans les bois; et la lionne, que la tendresse, maternelle ne rappelait plus dans sa caverne, disparut elle-même, et s'égara dans un désert que la faim dépeuplait chaque jour. Maldonata, seule et sans, subsistance, se vit réduite à s'éloigner d'un antre redoutable à tant d'êtres vivans, mais dont sa pitié avait su lui faire un asile. Cette femme, privée avec douleur d'une société chérie, ne fut pas long-temps errante sans tomber entre les mains des Sauvages indiens. Une lionne l'avaitnourrie, et des hommes la firent esclave ! Bientôt après elle fut reprise par les Espagnols, qui la ramenèrent à Buenos- Ayres, Le commandant, plus féroce
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