‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 74 sur 141 · I . 1j pMti · texte numérisé non relu

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37r. MOllALE RELIGIEUSE,

nalioiii' Tous ces discours pleins, si l'on veut, d'une sublime raison, mais <.ù l'on ne trouve poinl celle rhaleur et ce mouvement qui vient «le l'âme, oe sortentils point manifestement de ce génie de dûu ussïon et d'analyse accoutumé à tout décomposer et à tout réduire en abstractions idéales, à dépouiller les objets de leurs qualités particulières pour ne leur laisser que des qualités vagues et générales qui ne sont rien pour le cœur humain? Je le dirai : ce n'est pas corrompre l'éloquence, comme ,i lait le bel esprit, c'est lui arracher le principe même de sa force et de sa beauté. Ne sait-on pas qu'elle est presque tout entière dans le cœur et l'imagination, el (jue c'est là qu'elle va prendre ses charmes, sa foudre même, et son tonnerre? Lisons les anciens : nous y trouverons des peintures vives et frappantes qui semblent faire entrer les objets eux-mêmes dans l'esprit, des tours hardis et véhémens qui donnent aux pensées des ailes de feu , et les jettent comme des traits brùlans dans l'âme du lecteur; une expression touchante des sentimens et des mœurs, qui se répand dans tout le discours comme le sang dans les veines, et lui communique avec une chaleur douce et continue un air naturel et toujours animé; une variété charmante de couleurs et de tons, qui représentent les nuances et les divers changemens du sujet. Or, tous ces grands caractères de l'antique éloquence, pourrait—on les retrouver aujourd'hui dans les discours si pensés, si méthodiques, si bien raisonnes, dont l'esprit philosophique est le père et l'admirateur? Défendons-lui donc de sortir de la sphère des sciences, de porter dans les arts de goût sa tristesse et son austérité

naturelle, son style aride et allumé.

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que les lois.

Jonirait-il de cette indépendance, t*il pouvait ouvrir

son âme au désir de la fortune et au vil intérêt? Non : l'intérêt et la liberté se combattent. Homme de h-tt: si lu as de l'ambition, ta pensif devient esclave, et l"ii âme n'est plus à toi. Va, la richesse ne cherche pas les

liointnes libres, elle ne penelre pas dans les solitudes ; elle ne COUil pas après la ver tu , elle luit sui tout la vente. Si tu t'en < u pes de lui tune , tu le mets toi-fl l'en-

chère; crains, de calculer bientôt le prix d'une bas i et le lalalre d'un mensonge* Si ton .une est noble, ta fortune est l'honneur; ta fortune ejl l'estime de ta pa

l'amour de tes concitoyens, le bien que tu peux laire. Si elle ne te suffit pas, renonce à un étal que tu déafconores. Tu serais à la fois vil et malheureux, tourmenté et coupable, tu serais trop à plaindre.

One le Véritable homme de lettres est différent! Tout ce qui trouble et agit** les autres hommes n'a point d'empire sur lui. Il ne court point après les récompenses; la sienne est dam son cœur. Si les ri» liesses s'offrent a lui , il s'honore par leur usage, si elles s'éloignent , il s'honore par sa pauvreté. Ainsi les jours s« ut, ainsi les années s'écoulent entre le bonheur et la paix. Enfin ta tranquille vieillesse rient ronronner ses travaux. Il voit le dernier terme sans remords et sans trouble. Il

tourne les veux vers la patrie dont il se sépare. Elle l'a

honore , elle le regrette. Il \oil la postérité qui s'avain e

pour recevoir son nom. Si, en ramenant lei regarda sur

lui-même, il parcourt toutes les pensées de sa vie, il n'en trouve aucune qu'il désil àt pOU! on effacer: toutes ont été utiles, tout! m bonheur des hommes. La

douce idée de 1 aveuil se j.piut a celle di; I répand

la sérénité sur ses derniers momens. U meurt, maipenaéea vivent , el feront encore quelque bien à la u

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