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jfao I.KTTRES.
Dans le cœur de Grignan tu rcp.ind.iis \ê b*a
I r.s le ttrei font ii gloire et Mal notre entretien.
Ce qu'on cherche muu frait, ta le trou ine.
(^iit- ta m'ai bit pleurer le trépas de Tarenne!
Qui te surpassera dans i il . I • l U on ter?
Ces portraits d'une Cour gnon M plaît à citer,
Se retracent chex t<>i bien micas qae dans l'histoire;
Ces héros, dont ailleurs |< n'apprû 'jn<
Je I' • vois, 1rs entenda , et i on eux.
Si li- plus grand éloge d'un livre etl <1 être beaucoup relu, qui a été plus loné que ces Lettres? EUes son! de toutes les heurei : à la ville, à la campagne , en > • m lit M'u0 de Sévigné. N'estn on li\i«' précieux
que celui qui vous amuse, vous intéresse et vous instruit presque sans vous demander d'attention i C'est l'entretien d'une femme tus -aimable , dans lequel on n'est point oblige île mettre «lu sien ; ce qui est un grand attrait pour les esprits paresseux , et presque tous les hommes le bout , au moins la moitié de la journée.
Je sais bien que les détails historiques d'un siècle et d'une Cour qui ont laissé une grande renommée, font nue partie de l'Intérêt qu'on prend à cette lecture. Mais la Cour d'Anne d'Autriche el la Fronde sont aussi des objets piquans pour la curiosité, et M"" de Motteville est un peu moins lue que Mme de Sévigné. U y a donc ici un avantage personnel; et qui pourrait l'ignorer ou le méconnaître ? C'est le mélange heureux du naturel, de la sensibilité et du goût;c'es1 une manière de narra quilui est propre. Rien n est égal a la vivacité de ses tournures et au bonheur de ses e\pi essions. Elle est toujours
affectée de ce qu'elle dit et de ce qu'elle raconte; elle peint comme si elle voyait, el l'on croit voir ce qu'elle peint.
Une imagination ai li\e et mobile, comme l'est ordinairement celle des femmes, l'attache successivement a tous
les objets: dès qu'elle s en OCCUpé, ils prennent un grand pouvoir sur elle. Voyez dans ses Lettres la mort de Turenne : personne ne l'a pleuré île si bonne foi; mais aui>i
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L'esprit 'I' autres, rartout dans ce <| u < >t ■ appelle le monde. I eni de letti ea sont ni un intérêt < | « j • ra jusqu'à la pts^i<»n : I. s gens du monde , d'abord par une indifiérence qui liiu fait adopti niciii l'avis qu'on leur donne, eneuSte pai un entêtement qui leur fait soutenir le parti qu'ils ont embrai x ce qui fait durer plus ou moine les pré ventk iété,
un-, c de kanl d'injustû M s
vigne entera Racine, <l<nii elle a dil qu'àVamsafa comme le café. Kilo se défendait de l'admirer, pour n< avoir l'air de revenir sur Corneille. On croirait p mm qu'il n'y i rien < 1 < - plus simple el de ; que
d'admirer à la fois deux p ands h i \\ ftûu : mais il n"< a pas ainsi de la plupart desJMSSsnaes. Il semble qu'ili n'aieni tout an puisque ce qu'^lmnl pour en m, qu d->
soient jaloux dans leur opinion , comme <>n I l'amour, et qu'ils ne [missent pas souffrir que l'on compare rien à l'objet de leur < lioix ; et puis ne faut-il p •
dédommager sur l'un de la justice que l'on ressdi l'autre,
il faim la part de la malignité? On ne loue presque que pour rabaisser ; et, sans sortir de notre temps, j'ai \u de puis vingt années sept ou huit écrivains, dont chacun a ete j son tour //• seul poète, le seul §émë% le seul talent que DOlia eussions. 11 est vrai que le temps a mis tout le monde d'a« , md en les faisant tous oublier, et il est bien juste de faire |da< e à d'auli
On a fait à Mmc de Sevigue un reproche plusgrav ,
mais qui n'esi nullement fonde ■ on a prétendu qu'elle Gii
snl parade, dans ses Lettres, d'un sentiment qui n'était
point dans son âme ; qu'en un mot, elle n'aimait point sa bile. Cette accusation est non seulement dénuée de preure, mais de probabilité: on n'afiecte pas ce ionlà; et si M' et SéVigné ne sentait rien, qui donc
l'obligeait à cette effusion de tendresse? A émoi bon cette
pénible hypocrisie? Heureusement elle est impossible. On contreferait plutôt le ton d'un amant que la
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Point «lu tout, Madame.- 'C'esl don M ' Retsf — Point du tout : roui êtci bien pro\ îni iale ! \ li , \ raimcni , aooi sommes bien bétesl dites-vous : < est M||e Colbert — Encore moins. — Casl assurément
JMllr de Créqui. — Vous n'y « '{>••> pan. Il faut donc, à la fin vous la «lire. Il époOM «limam lu-, au Louxie,
avec la permission «lu Roi, M11-' «le .. . M"r ... devines le nom; il épouse Mademoiselle, BUe de feu Monsieur ; Mademoiselle, petite-fille de Henri IV: Mllr d'Eu, de Dombes, ÎM de Montpensier, M"- d'Orléans; Made moiselle , cousine germaine du Roi; Mademoiselle, destinée au trône ; Mademoiselle, le seul parti de France
qui fût digne de Monsieui.
Voilà uil beau sujet «le discourir. Si vous criez, si \ oui clés hors de vous-même, si vous dites que nous avons menti, que cela est faux, qu'on se moque de vous, • lue voilà une belle raillerie, que cela est bien Eade a imaginer; si enfin vous nous dites des injures, nous trouverons que vous avez raison ; nous en avons tait autant que vous; adieu. Les lettres qui seront port par ret ordinaire vous feront voir si nous disons vrai ou non.
Madame de Se vigne à sa Fille.
Voici un terrible jour, ma chère enfant, je vous avoue que je n'en puis plus. Je vous ai quittée dans un
état qui augmente ma douleur, .le songe à tous les pas
qUC nous faites, et à tons ien\ que je fais ; et Combien
il s'en Eaut qu'en marchant toujours de cette sorte, nous
puissions jamais nous rencontre] ! Mon cœur est en repos quand il est auprès de vous : c'esl son «'tat naturel, et le seul qui peut lui plaire.
Ce qui s'est passé ce malin me donne une douleur
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< In i itoplu ( ioloiiib au l\(u dlisi
De la Jamaïqin
Sire,
Diego Attendis, el ces papiers que je loi remets, apprendront à A otre Majesté quelles i i< be minei d'or j'ai découi ii tes a Véragua , el i ommenl je me propi
laisser mon frère à la ri\ iere lïr-rlirj, si les w.lonti s du Ciel
el 1rs plusgrandsmalhenrs do monde ne m'en lussent env
pè< lie. 11 suffit, au reste, que Votre .M u senrs recueillent la gloire et les avantages .lu tout, qu découverte s'achève, etque les premiers établiss< fassent par quelqu'un plus heureux que l'iniortanéColomb. Si Dieu m'est assez favorable ponr conduire Mendès en Espagne, il fera sans doute comprendre a la l\i in maîtresse, ainsi cju'à Votre .Majesté, que CfÇne sera pas ici seulement un fort ou un château, mais lâdécouvt d'un monde de sujets, de terres et de ri( I plus
grand que l'imagination la plus vaste n'aurait pu figurer, ou que l'avarice i lie - même n'aurait pu le désirer.
Mais ni le papier ni la langue d'aucun mortel ne pourront jamais vous exprime! L'angoissée) Les affections
• le mou, COrps et de moi) àme, m VOUS peindre la m
el 1rs dangers de mon (ils , de mon frère et de mes amis. Depuis plus de dix mois nous lomini i dé-
COUVCrl sur les punis ,|,- nos \ aisseaux < < houes sur la <ôte. Ceux de mon équipage qui SOSil demeures sains, se sont mutinés sous Perraa de SéviUej et mes amis, ceux mn nu- sont restés fidèles . sont ou malades ou mourans. Nous avons détruit les provisions des Indiens, de manière qu'ils nous abandonnent, et que probablement nous périrons d< faon. Tous ces malheurs
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malheur «-m 'i i'i k' ''" t ' s ll |" • ir ;•< '»r i . '
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m. Mirant .lr .<• nul ri «!•• Ixju, , ij» Ij.ir. . pirr.i«M
«acrvcacro pour mon âme ) w<
tara ami > i I I iiirns m' ont abajfjrJoamr . ri lr |
•, Il
4*k LETTRES
mallwijii u \ et des opprimés, pourquoi CeneU Unva-
dilla ne m'a-t-il pas lur lorsqu'il nous dépouilla, mon
frère et ni-.i , de l'or qui nom ■rail i cher, et
noue envoya chargés de chaînes en l
mont, sans délit, sans l'ombre même iln crame? (
« haînes, h. las! sont aujourd'hui mon seul tr- sor, et elles
seront enterrées ave< moi, si j'ai le bonheur d'avoir nn
cercueil on un tomheau : car je \<-u\ que le souvenir «l'une action si tragique et si injuste meure avec moi . que, pour l'honneur du nom I ipagnol, elle soit à jamais
oubliée. S'il en eût été ainsi, ô bienheureuse Vierge!
Obando ne nous aurait pas lai lant dix à douze
mois, pn1ts à périr par une méchanceté aussi grande que
nos malheurs. Ah ! une Cette nouvelle infamie ne souille pas encore le nom Castillan; ci puissent les
futurs ne jamais savoir qu'il y eut dans celui-ci des misé rables assez \ ils pour croire se faire un mérite auprès de Ferdinand, en détruisant l'infortuné Colomb , non pour sescrimes, mais pouravoirdécouvertetdonnéàrEspagne un nouveau monde !
Ce fut vous, fi grand Dieu, qui m'inspirâtes ri m'v Conduisîtes I Montrez-moi quelque pitié, daignez faire grâce à cette malheureuse entreprise : que la terre entière , et que tout ce qui dans l'univers aime la justice et l'humanité, pleure sûr moi; et vous, saints Anges du Ciel qui connaissez mon innocence, pardonnez au sie< le [Misent trop envieux et trop endun i pour me plaindre ! Sûrement | eux qui sont à naître pleureront un jour I qu OU leur dira que Colomb a\ e. || propre fortune, aVec peu de frais, ou même aucun de In part de la Couronne, au hasard de sa rie Cl «le «elle de son frère, en vingt asmées et quatre , i rendu de plus grands
services à l'Espagne que jamais IVmceou Royaume n'en
• reçu «l'aucun lioinnn . que cependant, lam l'accuser du moindre crime, on l'a laissé nés ir pauvre et miseralde , après lui avoir t«>ut enlevé, excepte ses chaînes; de ma-
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. ,)u<- i tftui q I un nouveau
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