‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 88 sur 141 · IU(IM · texte numérisé non relu

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40o DISCOURS

naces ni reproches, r ■ - ■ point céder à là colère , et être toujours obéi ; l'esprit facile . insinuant : le cœur ouvert ,

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propre à se faire des amis , des créatures el de allié : être secret toutefois t profond el impénétrable dans ses motifs et dans ses projets : du sérieu* et de la gravité dans le

public : de la brièveté jointe à be.nu oup de justesse el de dignité, soit dans les réponses aux ambassadeurs des Prini es , soit dans les conseils : une manière de faire des grâces, qui est comme un second bienfait, le chou des Onnea que Ton gratifie : le discei nernent des esprits, des talcns et des complexions pour la distribution des pQStei et des emplois : Le choix des généraux et des ministres : un jugement ferme et solide, décisif dans les affaires, qui fait que Ton connaît le meilleur parti el le plus juste: un esprit de droiture et d'equite qui fait qu'on le suit jusques à prononcer quelquefois contre soi-même en faveur du peuple, des alliés, des ennemis: une mémoire heureuse et très-présente qui rappelle les besoins des sujets, leur visage., leurs noms, leurs requêtes : une vaste capacité qui s'étende, non seulement aux affaires de dehors, au commerce, aux maximes d'Etat , aux vues de la politique, au reculcment des frontières pai la conquête «le nouvelles provinces, et à leur sûreté par un grand nombre de forteresses inaccessibles, mais qui sache aussi se renfermer au dedans, et comme dans les détails de tout un Royaume ; qui abolisse des usages cruels et impies, s'ils y régnent : qui réforme les lois et les coutumes , si elles étaient remplies d'abus ; qui donne aux villes plus de sùrete, et plus de commodités par le renouvellement dune exacte police, plus d'éclat et plus de majesté par des édifices somptueux : punir sévèrement les vires scandaleux ; donner par son autorité- et par son exemple du crédit à la pieté et à la vertu : protéger l'Eglise, ses ministres, ses droits, ses libertés : ménager ses peuples comme ses enfans , être toujours occupé de

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PRÉCEPTES DU GENRE

1/fsprit plaît dans une épigramme et dans unr chanson. Mais dans la chaire, à la tribune <»u au barreau, l'esprit à prétention est une espèce de miniature pla trop haut pour sa perspective optique; il n'y produit jamais de grands effets sur une nombreuse assemblée : et la vraie éloquence proscrit toutes les pensées trop bues ou trop recherchées pour être saisies par le peuple. Eh ! qu'est-ce en effet, qu'un trait brillant pour émouvoir ou pour échauffer une multitude qui ne présente d'abord à l'orateur qu'une masse immobile, laquelle, bien loin de partager les sentimens de celui qui parle, ou de' lui prodiguer de l'intérêt, lui accorde à peine une froiile et vague attention ?

Le début d'un discours doit être simple et modeste

pour conciliera l'orateur la bienveillance de l'auditoire.

L'exorde mérite cependant d'être travaille avec beaucoup

de soin. La doctrine et l'eaemple t\m maîtres de l'art

avertissent de s'y restreindre au développement dune seide idée principale « 1 1 > î découvre et qui fixe toute I etendue de V argument oratoire ou de la matière qu'on \ «Mit traiter. C'est là qu'au moment même où elle est an-

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4ç/, DISCOURS

mitons point ces prolixes rhéteurs, qui, au lieu d'entrer d'abord en matie lurnenl el se retournent dans

. comme un voyageur qui ne connut pas sa route, el laissent L'auditoire mc< h la mal

qu'ils vont traiter. L'exorde ne commence véritablement qu'au moment où Ton découvre l'objet et le dessein du discours.

A peine le sujet est-il exposé, qu'il faut M haler de le bien définir. Cette pi veau t ion est suit' ml i. -quand

on traite des questions abstraites; et on est sAi d errei d. mis des spéculations vagues, si 1 on néglig fixer

d'abord par des notions | I eus sans

doute de vouloir trop s'élever dans ces morceau» p paratoires; el l'expérience apprend tous les j<

méfier de la prétention des débuts éloqneiis. Il est néanmoins nécessaire, comme je l'ai déjà observé, d intéresser fortement l'attention d'une assemblée distraite : et je ne vois pas que l'on viole les règles de l'art , en frappant l'auditeur par un trait soudain qui le sépare de ses propres pensées, en le mettant à la suite et à la merci de l'homme éloquent qui le captiva et le domine, pourvu que cette brusque émotion ne trompe point son attente, et que le triomphe de l'orateur aille toujours en croissant.

« Je veux, dit Montaigne, des discours qui donnent la première charge dans le plus fort du doute : je < herche des raisons bonnes et ici mes d arrivée, » Montaigne a

»u. Kien n'est plus important et plus difficile que de

nparer de ses auditeurs, tic le^ réunir pi ■ompteim nt a soi, et d'entrer dans son sujet par un mouvement qui puisse les frapper, au lieu de laisser Inciter leur in t ci divaguer leur imagination. Dais >j tragédie de la Troade, Sénèque ouvre La première scène par un monologue sublime. Trois vers lui suffisent poui emon\ oii tOUS les cœurs. Ou aperçoit dans Le lointain la ville de lion consumée pai Les flammes. A La vue d'un spectacle tiana-

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it m- leur lais??1 que Leui propre Faiblesse, il Leur appren I leurs devoirs d'une manière souveraine etdigne de lui: car, en leur donnant la puissance, il 1 1 • u r commande d'en user ( omme il t.iii lui même pour le hien du monde : et il Leur fait voir, en La retirant, que toute Leur majesté' es! empruntée, <'t que, pour être assis sur Le trône, ils n'en sont pas moins sous sa main et sous son autorité* suprême. C'est ainsi qu'il instruit les Princes , non seulement par des discours et par des paroles, mais encore par des effets et par des exemples : Et punie, lièges , ùtit l Licite ; erudimini , </ui judiculis terrain.

Chrétiens, que ta mémoire d'une grande Reine, fille, femme, mère de Rois si puissans, et Souveraine de ti

Royaumes , appelle de tous côtés à cet le ti ist. cérémonie, ce discours vous fera paraître un de i es exemple doutantes qui étalent aux yeux du monde sa vanité tout

entière. Vous verrez dans une seule vie toutes les extrémités des choses humaines, la félicité sans bonus aussi bien que les misères; une longue et paisible jouissance d'une des plus nobles couronnes de l'univers ; tout i e que peuvent donner de plus glorieux la naissance et la grandeur accumulées sur une tête qui ensuite est exp à tous les outrages de la fortune ; la bonne cause d'abord

suivie de bons succès, et depuis de retours soudains, de

changemens inouïs: la rébellion long-temps retenue, .i la fm tout-à-fait maîtresse : nul frein à la licence lois abolies ; la majesté violée par des attentats jusqu alors inconnus ; l'usurpation et la tyrannie sous Le nom

de libelle; mie Heine fugitive, qui ne trouve aucune retraite dans trois Royaumes, et à qui sa propre patrie n'est plus qu'un triste lieu d'exil ; neuf voyages sui mer, entrepris par une Princesse, malgré 1« •> tesnpêl -. l'O céan étonné u se voir traverse tant de fois en des appa teils si divers, des causes si dit;. . un

trône indignement renverse et miraculé u rétabli :

voilà les enseignement que Dieu donne au: Vinsi

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