‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 89 sur 141 · m. parmi mi ruini i , i- II. qu une i oloni · texte numérisé non relu

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IMS COURS

pitani la révolution , el , par sa force invim ible1 enchaînant ou domptant tout ce qui lui résiste. Cette idée, répandue dans le discours d un bout à l'autre, y jette une terreur religieuse qui en augmente encore l'effet, et rend le pathétique plus sublime et plus sombre.

Thomas. Essai sur les Eloges, t. II.

Exorde de l'Oraison funèbre de Turenne.

Je ne puis, Messieurs, vous donner d'abord une plus liante idée du triste sujet dont je viens vous entretenir, qu'en recueillant ces termes nobles et expressifs dont l'Ecriture-Sainte se sert pour louer la vie et pourdep! la mort du sage et vaillant Machabée. Cet homme qui portait la gloire de sa nation jusqu'aux extrémités de la terre, qui couvrait son camp du bouclier, et forçait celui des ennemis avecl'épée ; qui donnait à des Rois ligués contre lui des déplaisirs mortels, et réjouissait Jacob par ses vertus et par ses exploits, dont la mémoire doit éternelle ; cet homme qui défendait les villes de Juda , qui domptait l'orgueil des enfans d'Ammon et d'Esati, qui revenait chargé des dépouilles de Samarie après avoir brûlé sur leurs propres autels les dieux des nations étrangères ; cet homme que Dieu avait mis autour d Israël , comme un mur d'airain où se brisèrent tant de fois toutes les forces de l'Asie, et qui, après avoir défait de nombreuses armées, déconcerte les plus fiers et les plus habiles généraux des Rois de Svrie, venait, tous les ans,

comme le moindre îles Israélites, réparer avec ses mains

triomphantes les ruines Au sanctuaire, et in1 voulait d'autre récompense des s. rvicQS qu'il rendait à sa patrie (pie l'honneur de L'avoir servie ; ce vaillant hor. poussant enfin, avec un courage invincible, les ennemis qu'il avait réduits à une fuite honteuse , reçut le coup mortel, et demeura comme enseveli dans son triomphe.

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5o2 DISCOURS

Où peut-on trouver tant et de si puissans exemples,

(pie il.ins les actiom d'un bommc sage, modeste, libéral, tlésinléressi'' , dévoué au lervicc du Prince et de la

pairie; grand dans L'adversité par s. m courage, da> prospérité pat sa modestie, dans les difficulté* pai a prudence , dans les périls par m \ aleur , dans la religion par sa piété '

Quel sujet peut inspirer des sentimens plus justes et plus touchans, qu'une mort loudainc el surprenante,

<|ui a suspendu le cours de nos victoires, et rOflapu les plus douces espérances de la pai\i Puissances ennemies de la France, v<. et L'esprit de la charité < h ré-

tien ne m'interdit de faire aucun sou ha il pour votre mort. Puissiez-VOUI seulement i e< onn.iîti e la justice de nos armes , recevoir la paix que , malgré vos pertes , vous avez tant de fois refusée; et, dans l'abondance de \<>s larmes, éteindre les feux d'une guerre «pie \ous ave/, malheureusement allumée! A Dieu ne plaise que je porte mes souhaits plus loin! les jugemens de Dieu sont impénétrables: mais vous vivez, et je plains en cette < haire un sage et vertueux capitaine dont les intentions étaienl pures, et dont la vertu semblait mériter une rie plus

longue et plus étendue.

Retenons nos plaintes, Messieurs; il est temps de commencer son éloge, et de vous Elire \oir commenl ce! homme puissant triompha des ennemis de I Liai par sa valeur , des passions de l'âme par sa des

erreurs et des vanités du siècle par sa pieté. Si j'interromps cet ordre de mon discours, pardonnez un peu de confusion dans un sujet qui nous a cause tant de trouble. J< confondrai quelquefois peut-être le général d'armée, Lsage, le chrétien.' Je louerai tantôt les ridoirea, tantôt

les vertus qui les ont obtenues. Si je ne puis raconter

i.uit d'actions, je les découvrirai dans leurs principes; j'adorerai Le Dieu des armées, j'invoquerai le Dieu «le h» paix, je bénirai le Dieu des mis ricordes, et j'attirerai

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plaît à immoler ;i m grandeur de grandes rictimes.

Alors il f.nt \dii ce grand homme étendu tro-

phées; il présente L'image de ce corps pâle int,

auprès dnqœl, dit-il, fume encore la fondre q ii l'a frappé, et montre dans l'éloignemenl I' de

la religion et de la patrie éplorées. ■ Turenne meurt , » tout se confond : la fortune chancelle , la rictoâri « lasse, la paix s'éloigne, le courage des troupt « abattu par la douleuret ranime par la vni. tout

« le camp demeure immobile. Les blessés pensent a la

« perle qu'ils ont faite et rmn ai/v blessures qu'ils <.nl « reeues. Les pères mourant envoient leurs fils plet

« sur leur gênerai mort, etc. (i). »

Cependant, maigre l'éloquence générale et les beautés

<|e celte oraison funèbre , peut -être n'y trouve-t-on point encore assez le grand homme que Ton cherche; peul que les figures et l'appareil même de l'éloquence le cachent un peu, au lieu de le montrer : car il en est quelquefois de ces sortes de discours comme des oérésnonies d'éclat, où un grand homme est éclipse par la pompe même dont on l'environne. Je ne sais si je ne me trompe , mais il me semble que quelques lignes que Mmc de Sevigné a jetées au hasard dans ses Lettres, sans soin , sans apprêt, et avec l'abandon d'une àme sensible , font encore plus aimer M. de Turenne, et donnent une plus grande idée de sa perte.

Thomas. Essai sur les E/oges, t. 11.

Exorde de l'Eloge de Duguay-Trouin.

De tous les speclat les que l'industrie île l'homme a donnés au momie, il n'eu est peut-être aucun de plus admirable que la navigation. Un être faible et mortel,

(i) Voyez Narrations , la Hfort de Turenne.

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battre les flottes de deus peuples puissans, \it iutn I la mer remplie de B( iux ; cl plusieurs hommes

célèbres la rendirent victorieuse sur ceJ élément. Là renommée, parmi ces noms, a publié le nom de Duguay- Trouin, Il a droit à la reconnaissance de sa patrie, puis nu il « n fui le vengeui .

Dans Athènes, c'étaient les plus fameux oraieurs qui

célébraient les vainqueurs de Salamme et de Marathon ,

el ils avaient pour auditeurs les Socrate et les Périclès. Je n .'u point le même talent , et j ai des juges aussi redoutables : mais ici la vérité sera presque toujours

étonnant»' par elle même. Dam ira sujet aussi grand , c'est être éloquent (pu- d'être sincère.

Je peindrai Duguay-Trouin d'aboi «I simple armateur , et faisant dans cette école l'apprentissage de la marine. Je le peindrai ensuite dans la marine royale, et servant le Roi et l'Etat dans les plus grandes entreprises.

Le sujet que je traite m'annonce que j'exciterai l'attention de mes concitoyens. Quelle que suit l'indifférence de notre siècle pour les talens qui l'honorent, il rend du moins justice à ceux qui ne sont plus.

Thomas.

Exorde de l'Eloge de Catioat.

I) \NS cette foule de génies c délires en In ut genre , que

la nature semblait avoir de loin préparés el mûris pour

en faire l'ornement d'un seul règne, l'orgueil de nos annales ei l'admiration du monde ; dans ce siècle resplendissant de gloire, da*jt tous les rayons viennent se confondre el se réunir au troue de Louis XIV, j\d>ser\e avec étonnement un homme qui, prenant sa place au milieu de tous ces grands hommes, sans a\oir rien qui leur ressemhle, et sans être efface par aucun d'eux , forme seul avec tout son siècle un contraste frappant

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dominées par les erreurs du vulgaire : seul il possède cette raison supérieur! , cette inali aliie il 'âni«* .

cette philosophie , en un m<>i , i,

caractère principal, qui marque toutes is, t->us

1rs momens il<' sa vie.

G rail ing lien el miment admirables, dont au( mi h et que l'on p< ut w cueillir dans

histoires, me Frappent et m'attirent comme mal

i homme dont l<s interprètes de la natioa et de la Renommée inscrivent aujourd'hui Le nom «lans leurs • enti autant que je le |>ni . us, dans

> |ialiiolii|iics, et je pn de Nicolas de Catinat, maréchal de France, et généras1 des ajrméea * ! « • Louis XIV.

La Harpe.

Le Missionnaire Bridaine, dans un des premiers Templi

.ni milieu de l.i [dus haute Compagnie de la Capitale.

A LA vue d'un auditoire si nom eau pont moi, il semble, mes frères, que je ne devrais ouvrit la bouche <)u<pour vous demander grâce en faveur d'un pauvre missionnaire dépourvu de tous 1rs talens que voua e\ «lu.ii ni on vient \<>us parler de votre si lut. J'éprouve < ependant aujourd'hui un sentiment différent; et, si je suis humilié , gardez-* ous de « roire que je m'Abaisse aux misérables inquiétudes de la vanité. A Dieu ne plaise qu'un ministre du Ciel pen i besoin d'ex<

auprès de vous! car, qui que vous soyes, vous nêtes., i omme moi, que des pécheurs. C'est devant votre Dieu

et le mien que je me sens presse d.ins re moment de

frapper ma poitrine.

dus(|u',i pu seul j'ai publié les justices du lKs-Haut

dans des temples (ouverts de < liaume ; j'ai prè< lie lis rigueurs de la pénitence à des infortunes qui manquaient

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