‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 4)Chapitre 11 sur 34 · LES CIEUX, LA MER, LA TERRE · texte numérisé non relu

LES CIEUX, LA MER, LA TERRE

Oui , c'est un Dieu caché que le Dieu qu'il faut croire; Mais, tout caché qu'il est, pour re'véler sa gloire, Quels témoins éclatans devant moi rassemble's ! Répondez, cieux et mers; et vous, terre, parlez ! Quel bras peut vous suspendre, innombrables étoiles .>* Nuit brillante, dis-nous qui t'a donné tes voiles.? O cieux, que de grandeur, et quelle majesté! J'y reconnais un maître à qui rien n'a coûté, Et qui dans vos déserts a semé la lumière. Ainsi que dans nos champs il sème la poussière. Toi qu'annonce l'aurore, admirable flambeau,

(1) Voyez dans la prose i et les -Zeçons Latines anciennes et modernes, t. t et II.

Astre toujours le même, astre toujours nouveau, Par quel ordre, ô soleil, viens-tu du sein de l'onde Nous rendre les rayons de ta clarté féconde ? Tous les jours je t'attends, tu reviens tous les jours : Est-ce moi qui t'appelle, et qui règle ton cours?

Et toi, dont le courroux veut engloutir la terre, Mer terrible , en ton lit quelle main te resserre ? Pour forcer ta prison tu fais de vains efforts ; La rage de tes flots expire sur tes bords. Fais sentir ta vengeance à ceux dont l'avarice Sur ton perfide sein va chercher son supplice. Hélas! prêts à périr, t'adresseut-ils leurs vœux? Ils regardent le ciel, secours des malheureux. La nature, qui parle en ce péril extrême. Leur fait lever les mains vers l'asile suprême : Hommage que toujours rend un cœur effrayé Au Dieu que jusqu'alors il avait oublié !

La voix de l'univers à ce Dieu me rappelle ; La terre le publie. Est-ce moi , me dit-elle, Est-ce moi qui produis mes riches ornemens ? C'est celui dont la main posa mes fondemens. Si je sers tes besoins, c'est lui qui me l'ordonne j Les pre'sens qu'il me fait , c'est à toi qu'il les donne. Je me pare des fleurs qui tombent de sa main ; Il ne fait que l'ouvrir, et m'en remplit le sein. Pour consoler l'espoir du laboureur avide, C'est lui qui dans l'Egypte, où je suis trop aride. Veut qu'au moment prescrit, le Nil, loin de ses bords, Re'pandu sur ma plaine, y porte mes trésors. A de moindres objets tu peux le reconnoître : Contemple seulement l'arbre que je fais croître ; Mon suc, dans la racine à peine répandu. Du tronc qui le reçoit à la branche est rendu : La feuille le demande , et la branche fidèle , Prodigue de son bien , le partage avec elle. De l'éclat de ses fruits justement enchanté,

ou PHILOSOPHIE PRATIQUE. 371

Ne méprise jamais ces plantes sans beauté, Troupe obscure et timide, humble et faible vulgaire; Si tu sais découvrir leur vertu salutaire, Elles pourront servir à prolonger tes jours, Et ne t'afflige pas si les leurs sont si courts : Toute plante, en naissant, déjà renferme en elle D'enfans qui la suivront une race immortelle ; Chacun de ces enfans, dans ma fécondité, Trouve un gage nouveau de sa postérité (i).

Racine le fils. La Religion.

La Prière.

Le Roi brillant du jour, se couchant dans sa gloire, Descend avec lenteur de son char de victoire. Le nuage éclatant qui le cache à nos yeux Conserve en sillons d'or sa trace dans les cieux, Et d'un reflet de pourpre inonde l'étendue. Comme une lampe d'or dans l'azur suspendue, La lune se balance aux bords de l'horizon : Ses rayons affaiblis dorment sur le gazon. Et le voile des nuits sur les monts se déplie : C'est l'heure où la nature, un moment recueillie, Entre la nuit qui tombe et le jour qui s'enfuit, S'élève au Créateur du jour et de la nuit, Et semble offrir à Dieu, dans son brillant langage, De la création le magnifique hommage.

Voilà le sacrifice immense, universel!

L'univers est le temple, et la terre est l'autel ; Les cieux en sont le dôrne: et ces astres sans nombre, Ces feux demi- voilés, pâle ornement de l'ombre , Dans la voûte d'azur avec ordre semés,

(i) Voyez en prose 5 et les Leçons Latines anciennes, t. I, même partie»

372 MORAT.E RELIGIETTSK,

Sont les sacrés flambeaux pour ce temple allumés. Et ces nuages purs qu'un jour mourant colore, Et qu'un souffle léger, du couchant à l'aurore, Dans les plaines de l'air repliant mollement, Roule en flocons de pourpre aux bords du firmament, Sont les flots de l'encens qui monte et s'évapore Jusqu'au trône du Dieu que la nature adore. Mais ce temple est sans voix. Où sont les saints concerts? D'où s'élèvera l'hymne au Roi de l'univers ? Tout se tait : mon cœur seul parle dans ce silence. La voix de l'univers, c'est mon intelligence; Sur les rayons du soir, sur les ailes du vent, Elle s'élève à Dieu comme un parfum vivant; Et, donnant un langage à toute créature, Prête pour l'adorer mon âme à la nature. Seul, invoquant ici son regard paternel, Je remplis le désert du nom de l'Eternel ; Et celui qui, du sein de sa gloire infinie, Des sphères qu'il ordonne écoute l'harmonie, Ecoute aussi la voix de mon humble raison , Qui contemple sa gloire et murmure en son nom (i). De La Martine. Méditations poétiques.

Instinct paternel et maternel des Oiseaux.

Mais pour toi que jamais ces miracles n'étonnent, Stupide spectateur des biens qui t'environnent, O toi qui follement fais ton Dieu du hasard, Yiens me développer ce nid qu'avec tant d'art, Au même ordre toujours architecte fidèle, A l'aide de son bec maçonne l'hirondelle! Comment, pour élever ce hardi bâ liment, A-t-ellc, en le broyant, arrondi son «Iment.^

(i) V^)y^z {. \, niôinc sujet.

ou PHILOSOPHIE PPvATIQUE. 070

Ef pourquoi ces oiseaux, si remplis de prudence, Ont-ils de leurs cufans su prévoir la naissance? Que de berceaux pour eux aux arbres suspendus! Sur le plus doux coton que de lits étendus ! Le père vole au loin, cherchant dans la campagne Des vivres qu'il rapporte à sa tendre compagne ; Et la tranquille mère, attendant son secours. Echauffe dans son sein le fruit de leurs amours. Des ennemis souvent ils repoussent la rage, Et dans de faibles corps s'allume un grand courage. Si chèrement aimés, leurs nourrissons un jour Aux fils qui naîtront d'eux rendront le nxême amour. Quand des nouveaux zéphyrs l'haleine fortunée Allumera pour eux le flambeau d'hyménée, Fidèlement unis par leurs tendres liens , Ils rempliront les airs de nouveaux citoyens; Innombrable famille, où bientôt tant de frères Ne reconnaîtront plus leurs aïeux ni leurs pères ! Ceux qui, de nos hivers redoutant le courroux , Vont se réfugier dans des climats plus doux, Ne laisseront jamais la saison rigoureuse Surprendre parmi nous leur troupe paresseuse. Dans un sage conseil, par les chefs assemblé, Du départ général le grand jour est réglé ; H arrive, tout part. Le plus jeune peut-être Demande, en regardant les lieux qui l'ont vu naître. Quand viendra ce printemps par qui tant d'exilés Dans les champs paternels se verront rappelés ?

Racine le fils. La Religion,

Même sujet.

Ainsi qu'adroits chasseurs, architectes savans. Contre leurs ennemis, les frimas et les vents. Avec combien d'adresse, instruits par la nature.

Ils savent de leur nid corabiner la structure!

Chaque race choisit et la forme et le lieu;

L'une en ces longs canaux où pe'tille le feu,

Sous nos toits, sur nos murs, fiospitaliers pour elle,

Construit de ses enfans la demeure nouvelle.

L'un au chêne orgueilleux, l'autre à l'humble arbrisseau,

De ses jeunes enfans confia le berceau 5

Là, des œufs maternels nouvellement éclose,

Sur le plus doux coton la famille repose.

Et la laine et le crin, assemblés avec art,

De leur tissu serré leur forment un rempart,

Dont le tour régulier, l'exacte symétrie,

Défierait le compas de la géométrie.

Par un soin prévovant d'autres placent leurs nids \u lieu le plus propice à nourrir leurs petits. Ici l'amour craintif les cache sous la terre;

Là , de leurs ennemis pour éviter la guerre ,

Les suspend aux rameaux mollement balancés ,

Et dans ce doux hamac les enfans sont bercés.

Quelques uns ont leur toit, leur auvent, leur issue, Qui de leurs ennemis ne peut être aperçue : Chacun a son instinct inspiré par l'amour.

Voyez, de ses enfans préparant le séjour. En architecte adroit, mais en père timide , Cet oiseau leur construire une humble pyramide , Mille fois préférable à celles de l'orgueil. Son air mystérieux d'abord étonne l'œil ; Introduit par la porte au sein du vestibule. L'oiseau monte et descend dans une autre cellule, Où, cachés et bravant les pièges, les saisons, Reposent mollement ses tendres nourrissons. Ainsi, nos toits, nos murs, les forêts, les charmilles. Tout a ses constructeurs, ses berceaux, ses familles; Tout aime, tout jouit, tout bâtit à son tour. Protège, Dieu puissant, ces enfans de l'amour, Le doux chardonneret, la fauvette fidèle.

ou PHILOSOPHIE PRATIQUE. SyS

Le folâtre pinson , et surtout Philomèle !

Que de charmes n'ont point leurs amours maternelles ! Voyez le tendre oiseau réchauffer sous ses ailes Ses petits enfermés dans leur frêle se'jour. Tantôt j'ai peint son nid : qui peindra son amour! Eh ! qui peut surpasser le courage du père ! Quel soin peut s'égaler aux doux soins de la mère ! Cet être si léger, que le frêne ou l'ormeau Ne voit pas deux instans sur le même rameau, Mère aujourd'hui constante et nourrice assidue, Demeure jour et nuit sur ses œufs étendue. Le père, heureux époux autant qu'heureux amant, De sa tendre moitié va chercher l'aliment, Ou, sur le bord du nid se plaçant auprès d'elle, Soulage par ses chants sa compagne fidèle. Des ennemis souvent l'un et l'autre est vainqueur , \ Et dans de faibles corps se déploie un grand cœur. Souvent avec ses fils une mère enlevée Vit pour eux, les nourrit, et meurt sur sa couvée. Enfin avec quel soin et quel zèle nouveau Ses parens à voler forment le jeune oiseau ! C'est aux heures du soir, lorsque dans la nature Tout est repos, fraîcheur, et parfum et verdure^ L'adolescent, ravi de ce bel horizon, S'agite dans son nid devenu sa prison , 11 sort, et, balancé sur la branche pliante, Il hésite, il essaie une aile encor tremblante : Le couple, en voltigeant, provoque son essor, Gourmande sa frayeur, l'appelle, et vole encor : Enfin il se hasarde, et, déployant ses ailes. Non sans crainte, il se fie à ses plumes nouvelles. L'air reçoit ce doux poids ; il touche le gazon ; Les parens enchantés répètent la leçon.

D'une aile moins novice alors le jeune élève

37^ MORALE KIlLIGIEUSI::,

S'enhardit, prend l'essor, s'abat, et se relève;

Enfin, sûr de sa force, et plus audacieux,

Il part, tout est fini ; tous se font leurs adieux ',

Et l'instinct dénouant la chaîne mutuelle ,

Un nouveau nœud commence une race nouvelle.

Delille. Les Trois Règnes^ ch. VllI.

Les Insectes.

A NOS yeux attentifs que le spectacle change : Retournons sur la terre , où , jusque dans la fange , L'insecte nous appelle, et, certain de son prix, Ose nous demander raison de nos mépris. Plus l'auteur s'est caché , plus il est admirable. De secrètes beautés quel amas innombrable ! Quoiqu'un fier éléphant, malgré l'énorme tour. Qui de son vaste dos me cache le contour. S'avance sans ployer sous ce poids qu'il méprise , Je ne t'admire pas avec moins de surprise Toi qui vis dans la boue, et traînes ta prison , Toi que souvent ma haine écrase avec raison ) Toi-même , insecte impur , quand tu me développes Les étonnans ressorts de tes longs télescopes , Oui, toi, lorsqu'à mes yeux tu présente les tiens, Qu'élèvent par degrés leurs mobiles soutiens, C'est dans un faible objet, imperceptible ouvrage. Que l'art de l'ouvrier me frappe davantage.

Dans un champ de blés mûrs, tout un peuple prudent Rassemble pour l'Etat un trésor abondant : Fatigués du butin qu'ils traînent avec peine. De faibles voyageurs arrivent sans lialeinc A leurs greniers publics, immenses souterrains. Où par eux en monceaux sont élevés ces grains Dont le père commun de tous tant que nous sommes Nourrit également les fourmis et les hommes.

ou PHILOSOPHIE PRATIQUE. 877

Et tous, nourris par lui, nous passons sans retour, Tandis qu'une chenille est rappelée au jour.

De l'Empire Je l'air cet habitant volage, Qui porte à tant de fleurs son inconstant hommage, Et leur ravit un suc qui n'était pas pour lui, Chez ses frères rampans, qu'il méprise aujourd'hui. Sur la terre autrefois traînant sa vie obscure, Semblait vouloir cacher sa honteuse figure. Mais les temps sont changés, sa mort fut un sommeil , On le vit plein de gloire à son brillant réveil, Laissant dans le tombeau sa dépouille grossière, Par un sublime essor voler vers la lumière.

O ver, à qui je dois mes nobles vêtemens , De tes travaux si courts que les fruits sont charmaus ! N'est-ce donc que pour moi que tu reçois la vie ? Ton ouvrage achevé, ta carrière est finie : Tu laisses de ton art des héritiers nombreux , Qui ne verront jamais leur père malheureux. Je te plains, et j'ai dû parler de tes merveilles ; Mais ce n'est qu'à Virgile à chanter les abeilles.

Racine le fils. La Religion.

L'Homme.

Le Roi pour qui sont faits tant de biens précieux, L'homme élève un front noble et regarde les cieux; Ce front, vaste théâtre où l'âme se déploie, Est tantôt éclairé des rayons de la joie, Tantôt enveloppé du chagrin ténébreux.

L'amitié tendre et vive y fait briller ces feux Qu'en vain veut imiter , dans son zèle perfide, La trahison que suit l'envie au teint livide. Un mot y fait rougir la timide pudeur j Le mépris y réside, ainsi que la candeur; 1^ modeste respect, l'imprudente colère ,

La crainte et la pâleur, sa compagne ordinaire, Qui , dans tous les périls funestes à mes jours , Plus prompte que ma voix appelle du secours.

A me servir aussi cette voix empressée, Loin de moi, quand je veux, va porter ma pensée j Messagère de l'âme, interprète du cœur.

De la société je lui dois la douceur.

Quelle foule d'objets l'oeil réunit ensemble! Que de rayons épars ce cercle étroit rassemble! Tout s'y peint tour à tour. Le mobile tableau Frappe un nerf qui l'élève, et le porte au cerveau. D'innombrables filets, ciel! qvfel tissu fragile ! Cependant ma mémoire en a fait son asile. Et tient dans un dépôt fidèle et précieux Tout ce que m'ont appris mes oreilles , mes yeux : Elle y peut à toute heure et remettre et reprendre ; M'y garder mes trésors, exacte à me les rendre. Là ces esprits subtils , toujours prêts à partir , Attendent le signal qui les doit avertir: Mon âme les envoie; et, ministres dociles. Je les sens répandus dans mes membres agiles : A peine ai-je parlé qu'il sont accourus tous. Invisibles sujets, quel chemin prenez-vous?

Mais qui donne à mon sang cette ardeur salutaire ? Sans mon ordre il nourrit ma chaleur nécessaire. D'un mouvement égal il agite mon cœur.

Dans ce centre fécond il forme sa liqueur : 11 vient m.e réchauffer par sa rapide course : Plus tranquille et plus froid , il remonte à sa source , Et toujours sépuisant se ranime touj[ûurs. Les portes des canaux destinés à son cours Ouvrent à son entrée une libre carrière. Prêtes, s'il reculait, d'opposer leur barrière. Est-ce mioi qui préside au maintien de ces lois.'' Et pour les établir ai-je donné ma voix? Je les connais à peine ; une attentive adresse

ou PHILOSOPHIE PRATIQUE. 379

Tous les jours m'en découvre et l'ordre et la sagesse. De cet ordre secret reconnaissons l'auteur : Fut-il jamais de lois sans un législateur (i) ?

Le même, Ibid.

Harmonies du Monde physique.

De l'univers entier contemple les accords, Pour les dons de l'esprit et pour les dons du corps ; Observe avec quel art Dieu de sa main féconde Distribua les rangs et nuança le monde. Depuis l'homme, ce roi si fier de sa raison. Jusqu'à l'insecte vil qui peuple le gazon. Le jour est pour la taupe un crépuscule sombre, A l'œil perçant du lynx la nuit même est sans ombre ; Le chien poursuit sa proie, averti par l'odeur; La lionne , au bruit seul s'élance avec ardeur : Le poisson est sans voix et presque sans oreille. Tandis que l'oiseau chante et qu'un zéphyr l'éveille. Quelle gradation des mêmes facultés Occupe le milieu de ces extrémités ! Comme elle croît, décroît, et s'élève et s'abaisse! De l'agile Arachné combien j'aime l'adresse ! Que ses doigts sont légers ! que son tact est subtil ! Elle sent chaque souffle et vit dans chaque fil. Admire avec quel art l'abeille sait extraire D'une herbe empoisonnée un onguent salutaire ! Compare au vil pourceau, stupidement glouton, L'éléphant, dont l'instinct est presque la raison. A la fière raison combien l'instinct ressemble ! Mémoire, jugement, quel nœud vous joint ensemble? De sentir à penser qu'il est peu de degrés ! Ainsi , toujours voisins , mais toujours séparés,

(i) Voyez t, I, Tableaux, et les Leçons Latines anciennes.

38o MORALE RELIGIEUSE,

Les êtres sont placés à leur juste distance ; Leur inégalité produit leur dépendance.

Tous soumis l'un à l'autre , et tous soumis à nous , Chacun d'eux a ses dons, la raison les vaut tous.

Delille. Trad. de V Essai sur l'Homme.

Preuves morales de l'Existence de Dieu.

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