‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 4)Chapitre 4 sur 34 · aS · texte numérisé non relu

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Ils ne censurent point touies nos actions;

Ils trouvent trop d'orgueil dans ces corrections,

Et laissent la fierté des paroles aux autres;

C'est par leurs actions qu'ils reprennent les nôtres;

L'apparence du mal a chez eux peu d'appui,

Et leur âme est porle'e à juger bien d'autrui.

Point de cabale en eux, point d'intrigues à suivre;

On les voit pour tous soins se mêler de bien vivre }

Jamais contre un pécheur il": n'ont d'acharnement;

Ils aitaclient leur haine au péché seulement,

Et ne veulent point prendre avec un zèle extrême

Les intérêts du Ciel plus qu'il ne veut lui-même.

Molière. Tartufe, act. I", se. VL

La Raison.

La raison est de l'homme et le guide et l'appui , Il l'apporte en naissant, elle croît avec lui; C'est elle qui, des traits de sa divine flamme, Purifiant son cœur, illuminant son âme, Montre à ce malheureux , par le vice abattu. Que la félicité n'est que dans la vertu ; Qu'elle donne aux humains couverts de son égide La volupté tranquille, innocente et solide, La joie et la santé qu'entretient dans sa fleur Le repos de l'esprit et le calme du cœur ; Que par elle un mortel , aussi ferme que libre , Au milieu des revers garde un juste équilibre; Hit de ses ennemis, et résistant au sort. Affronte l'indigence, et les fers et la mort; Gomme un rocher que frappe une mer mugissante , "Hîrave des flots émus la fureur impuissante.

Voltaire.

DEFINITIONS. sSg

L'Histoire.

C'est un théâtre, un spectacle nouveau , Où tous les morts, sortant de leur tombeau , Viennent encor sur une scène illustre , Se présenter à nous dans leur vrai lustre, El du public, dépouillé d'intérêt , Humbles acteurs, attendre leur arrêt.

Là, retraçant leurs faiblesses passées , Leurs actions, leurs discours, leurs pensées, A chaque état ils reviennent dicter Ce qu'il faut fuir , ce qu'il faut imiter: Ce que chacun , suivant ce qu'il peut être , Doit pratiquer, voir, rechercher, connaître; Et leur exemple, en diverses façons , Donnant à tous les plus nobles leçons, P\ois, magistrats, législateurs suprêmes , Princes, guerriers , simples citoyens mêmes, Dans ce sincère et fidèle miroir , Peuvent apprendre à lire leur devoir (r).

J. B. Rousseau.

Même sujet.

Avant qu'on vît briller sa lumière féconde , Les temps se succédaient dans une nuit profonde; Les peuples tour à tour, parTennui dévorés, Sur la terre passaient l'un de Tautre ignorés. Les grands événemens n'avaient point d'interprètes; Les débris étaient morts, et les tombes muettes. L'histoire luit: soudain les temps ont reculé , L'ombre a fui les tombeaux, les débris ont parlé;

(i) Voyez plus bas, ^lli''gon'es , même sujet; et les Leçons Latines modernes, t. I.

a6o DÉFINITIONS.

Les générations s'entendent et s'instruisent ,

Et de l'esprit humain les travaux s'éternisent.

O charmes de l'étude ! ô sublimes récits!

Dans quels transports le sage , à son foyer assis ,

Suit les nombreux combats et d'Athène et de Rome,

A travers deux mille ans applaudit au grand homme ,

Consulte l'orateur et le guerrier fameux,

Partage les revers des peuples grands comme eux ,

Voit l'Empire romain , sous le fer des Vandales ,

De ses vils Empereui^s expier les scandales ;

Et, bientôt déchiré par divers Potentats,

Son cadavre fécond enfanter cent Etats;

Retrouve en d'autres lieux , sur la sanglante arène ,

Marcius dans Condé , Sclpion dans Turenne,

Et, rempli des héros et des faits éclatans,

Ainsi que tous les lieux , embrasse tous les temps !

Legouvé. Les Souf^cnirs.

La Monarchie et l'Etat populaire.

Si l'amour du pays doit Ici prévaloir, C'est son bien seulement que vous devez vouloir; Et celte liberté , qui lui semble si chère, JN'est pour Piome, Seigneur, qu'un bien imaginaire, Plus nuisible qu'utile, et qui n'approche pas De celui qu'un bon prince apporte à ses Etals. Avec ordre et raison les honneurs il dispense; Avec discernement punit et récompense , Et dispose de tout en juste possesseur. Sans rien précipiter de peur d'un successeur. Mais, quand le peuple est maître, on n'agit qu'on tumulte, La voix de la raison jamais ne se consulte ; Les honneurs sont vendus aux plus ambitieux , L'autorité livrée aux plus séditieux.

Ces petits souvciains qu'il fuit pour une année,

DEFINITIONS. 26 r

Voynnt d'un temps si court leur puissance l)ornce , Des plus heureux desseins font avorter le fruit , De peur de le laisser à celui qui les suit. Comme ils ont peu de part au bien dont ils ordonnent , Dans le champ du public largement ils moissonnent! Assurés que chacun leur pardonne aisément , Espérant à son tour un pareil traitement: Le pire des Etats, c'est l'Etat populaire.

Corneille. Cinna , act. II , se. l'«.

La République et la Monarchie.

Ne vous flattez-vous pas d'un charme imaginaire? Seigneur , ainsi qu'à vous , la liberté' m'est chère : Quoique né sous un Roi , j'en goûte les appas j Vous vous perdez pour elle , et n'enjouissez pas. Est-il donc, entre nous, rien de plus despotique Que l'esprit d'un Etat qui passe en république? "Vos lois sont vos tyrans ] leur barbare rigueur Devient sourde au mérite, au sang, à la faveur : Le Sénat vous opprime , et le peuple vous brave ; 11 faut s'en faire craindre , ou ramper leur esclave. Le citoyen de Rome , insolent et jaloux. Ou hait votre grandeur, ou marche égal à vous. Trop d'éclat l'effarouche : il voit d'un œil sévère , Dans le bien qu'on lui fait , le mal qu'on peut lui faire , Et d'un bannissement 1^ décret odieux Devient le prix du sang qu'on a versé pour eux.

Je sais bien que la Cour , Seigneur , a ses naufrages , Mais ses jours sont plus beaux, son ciel a moins d'orages ; Souvent la liberté, dont on se vante ailleurs. Etale auprès d'un Roi ses dons les plus flatteurs. 11 récompense, il aime, il prévient les services j Jja gloire auprès de lui ne fuit point les délices. Aimé du Souverain , de ses rayons couvert. Vous ne servez qu'un maître , et le reste vous sert.

a62 DÉFINITIONS.

Ebloui d'un éclal qu'il respecte et qu'il aime, Le vulgaire applaudit jusqu'à nos fautes même. Nous ne redoutons rien d'un Sénat trop jaloux , Et les sévères lois se taisent devant nous.

Voltaire, Drulus , act. II. , se. II.

Devoirs d'un Roi.

Vos fureurs ne sont pas une règle pour moi: Vous parlez en soldat, je dois agir en Roi. Quel est donc l'héritier que je laisse à l'Empire? Un jeune ambitieux dont le cœur ne respire Que les sanglans combats, les injustes projets , Prêt à compter pour rien le sang de ses sujets. Je plains le Portugal des maux que lui prépare De ce cœur effréné l'ambition barbare.

Est-ce pour conquérir que le Ciel fit des Rois? N'aurait-il donc rangé les peuples sous nos lois , Qu'afin qu'à notre gré la folle tyrannie Osât impunément se jouer de leur vie? Ah ! jugez mieux du trône j et connaissez , mon fils , A. quel titre sacré nous y sommes assis. Du sang de nos sujets sages dépositaires, Nous ne sommes pas tant leurs maîtres que leurs pcrc.s: Au péril de nos jours, il faut les rendre heureux; Ne conclure ni paix ni guerre que pour eux, Ne connaître d'honneur que dans leur avantage 3 Et quand , dans ses excès , notre aveugle courage Pour une guerre injuste expose leurs destins. Nous nous montrons leurs Rois moins que leurs assassins. Songez-y: quand ma mort, tous les jours plus prochaino, Aura mis en vos mains la grandeur souveraine, Rappelez ces devoirs, et les accomplissez (t).

La Motte-Houdart. Inès de Castro.

CO Voyez les Leçons Latines anciennes et modernes.

DKFlNlTlOiNS. ::G3

J-e Législateur.

Je suppose en tes mains l'autorité siiprcme: Comment résoudras-tu ce vaste et beau problème De l'homme à l'homme égal , libre et de fers chargé , De l'homme protégeant pour qu'il soit protégé , I*our qu'il règne, soumis^ donnant pour qu'il possède, El n'usant de ses droits que parce qu'il les cède P Sauras-tu rendre ainsi par un traité commun, Chacun l'appui de tous, tous l'appui de cliacun; Au sein du trouble même appelant l'harmonie , Faire d'enfans rivaux une famille unie ; Et lorsque l'intérêt vient de les détacher , Au nom de l'intérêt encor les rapprocher ; Régler jusqu'au pouvoir où je te vois prétendre,

Ne pas trop le restreindre e^ne pas trop l'étendrei'

Vois-tu ces fils légers que l'art n'a point tissus , Humbles débris du chanvre et de sa lige issus. Pareils dans leur faiblesse à ces pièges fragiles Que la vive Arachné tend sous ses doigts agiles;* Frêles comme la feuille errante dans nos champs , Us voltigent comme elle au caprice des vents 3 Mais attendons , ami , que l'art qui les rassemble , En câbles , dans nos ports , les arrondisse ensemble : Bientôt tu les verras , jusqu'aux cieux élancés , Lever les rocs pesans dans les airs balancés , Soutenir, promener sur les mers blanchissantes Le poids des mâts tremblans , des voiles frémissantes, Et , robustes jouets de l'orage et des eaux , D'un hémisphère à l'autre emporter nos vaisseaux. L'art , qui sut de ces fils diriger l'alliance , Des grands législateurs t'explique la science.

Laya. Epître à un jeune cultivateur.

264 DEFINITIOMS.

Les différens Ages.

Le temps , qui change tout , change aussi nos humeurs : Chaque âge a ses plaisirs , son esprit et ses mœurs.

Un jeune homme, toujours bouillant en ses caprices ^ Est prompt à recevoir l'impression des vices ; Est vain dans ses discours , volage en ses désirs , Rétif à la censure , et fou dans les plaisirs.

L'âge viril , plus mûr , inspire un air plus sage , Se pousse auprès des grands, s'intrigue, se ménage, Contre les coups du sort songe à se maintenir, Et loin dans le présent regarde l'avenir.

La vieillesse chagrine incessamment amasse; Garde, non pas pour soi, les trésors qu'elle entasse: Marche en tous ses desseins d'un pas lent et glacé 3 Toujours plaint le présent et vante le passé j Inhabile aux plaisirs dont la jeunesse abuse , Blâme en eux les douceurs que l'âge lui refuse (1").

BoiLEÀU. Artpoét.^ ch. IIL

Même sujet.

Sans soin du lendemain, sans regret de la veille , L'enfant joue et s'endort , pour jouer se réveille. Trop faible encor , son cœur ne saurait soutenir Le passé , le présent, et l'immense avenir. A peine au présent seul son âme peut suffire j Le présent seul est tout: un coin est son empire, Un hochet son trésor, un point rinimensilé. Le soir son avenir , un jour l'éternité. Mais l'homme tout entier est caché dans l'enfance : Ainsi le faible gland renferme un chcne immense.

(1) Voyez les Leçons Latines anciennes, t. II ; et les Leçon» ■anglaises, t. II , Caractères ou Portraits.

Par l'ardeur de ses sens le jeune homme emporté De'vore le présent avec avidité; Mais il ne peut fixer sa fougue vagabonde: Plein des brûlans transports dont son cœur surabonde, Il dérobe , pareil à l'élément fumeux Qui croît, monte, et répand ses bouillons écumeux ; Devance l'avenir , entend de loin la gloire ^ Appelle à lui les arts, les plaisirs, la victoire 5 Rêve de longs succès , rêve de longs amours , Et d'une trame d'or file, en riant, ses jours. Age aimable, âge heureux, ton plus bel apanage, Ce n'est donc point l'amour, la beauté, le courage, Et la gloire si belle, et les plaisirs si doux! Non , tu sais espérer : ce plaisir les vaut tous.

L'âge mûr, à son tour, solstice de la vie, S'arrête , et sur lui-même un instant se replie. Et tantôt en arrière , et tantôt devant soi , Se tourne sans regret, ou marche sans effroi. Ce n'est plus l'homme en fleursnous faisant des promesses; C'est l'homme en plein rapport déployant ses richesses. Ses esprits ont calmé leurs bouillons trop ardens ; Sa prudence est active, et ses transports prudens j Ses conseils sont nos biens , sa sagesse est la nôtre ; La moitié de sa vie est la leçon de l'autre; Et, sur le temps passé mesurant l'avenir. Prévoir, pour la raison , n'est que se souvenir.

Hélas! telle n'est point la vieillesse cruelle; Elle n'attend plus rien , on n'attend plus rien d'elle. Si la raison encor lui permet de prévoir , C'est des yeux de la crainte, et non plus de l'espoir. Voyez ce chêne antique: en son âge encor tendre, Dans les champs paternels il aimait à s'étendre ; Chaque jour plus robuste et plus audacieux. Il plongeait dans la terre, il s'élançait aux cieux; Mais quand l'âge a durci sa racine débile , Dans la terre marâtre il languit immobile,

a66 DEFINITIONS.

Et voilà la vieillesse ! adieu les grands desseins :

Adieu l'amour, les vœux, l'hommage des humains!

Pour le soleil couchant il n'est point d'idolâtre,

Déplacé sur la scène, il descend du théâtre^

Alors, n'attendant rien ni du temps ni d'autrui ,

Il revient au présent , se ramène sur lui ,

Que dis-je! le présent est un tourment lui-même:

Il se rejette donc sur le passé qu'il aimej

11 cherche à consoler, par un doux souvenir.

Et la douleur présente , et les maux à venir:

Et même, lorsqu'il louche à l'extrême vieillesse,

Quelque ombre de bonheur charme encor sa faiblesse.

Du festin de la vie, où l'admirent les Dieux,

Ayant goûté long-temps les mets délicieux ,

Convive satisfait, sans regret, sans envie,

S'il ne vit pas , du moins il assiste à la vie ,

Ce qu'il fit autrefois , il le voit aujourd'hui,

Et le présent lui-même est le passé pour lui (i).

Delille. L' Imagination j ch. VI.

Lucain , ou l'Euthousiasme du Poëte.

L'avenir!. .. pour lui seul chante et vit le poêle, Sans regarder son siècle , au sein de la retraite , Il écrit, l'œil fixé sur la postérité , Et déjà respirant son immortalité.

Je crois sentir la mienne en célébrant Pharsale. Quel sujet ! quels exploits ! quels tableaux il étale ! Ce n'est point ces combats, ces héros ignorés , Si par Virgile , Homère , ils n'étaient célébrés : C'est dans ses fondemens la liberté sapée , L'univers asservi ! Gaton , 'César , Pompée ! Les plus grands des humains l'un à l'autre opposés !

(i) Voyez t. 1, même partie; et les Leçons Latines anciennes

Le plus grand des débals par Thistoire cxpose's ! Des crimes, des verlus d'un nouveau caractère , Rome opposée à Rome , et la terre à la terre ! Ah ! si tous ces transports dont je suis tourmenté , Ces élans inquiets vers la postérité, Ne sont pas de l'orgueil une vaine chimère , O sublime Virgile, et toi, divin Homère , Un jour peut-être , un jour, grâce à des noms si beaux , Le monde associera mon urne à vos tombeaux; Et Caton et Pompée , au temple de Mémoire, Porteront près de vous le chantre de leur gloire (i). Legouvé. Epicharis et Néron , act. II, se. II,

L'Idylle, ou l'Eglogue.

ÏELi.E qu'une bergère, au plus beau jour de fêle , De superbes rubis ne charge point sa tête, £t, sans mêler à l'or l'éclat des diamans, Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornemens; Telle, aimable en son air, mais humble dans son style, Doit éclater sans pompe une élégante idylle. Son tour simple et naïf n'a rien de fastueux , Et n'aime point l'orgueil d'un vers présomptueux. Il faut que sa douceur flatte , chatouille , éveille ; Et jamais de grands mots n'épouvante l'oreille. Mais souvent en ce style un rimeur aux abois Jette là de dépit la flûte et le hautbois; El, follement pompeux dans sa verve indiscrète, Au milieu d'une églogue entonne la trempette. De peur de l'écouter , Pan fuit dans les roseaux, Et les Nymphes, d'effroi, se cachent sous les eaux.

Au contraire, cet autre, abject en son langage, Fait parler ses bergers comme on parle au village;

(i) Voyez les Leçons Latines modernes, t. II.

Ses vers plais el grossiers, dépouillés tragrément, Toujours baisent la terre, et rampent tristement. On dirait que Ronsard sur ses pipeaux iiistiques Vient encor fredonner ses idylles gothiques, Et changer, sans respect de l'oreille et du son , Lycidas en Pierrot, et Phyllis en Toinon.

Entre ces deux excès la route est difficile: Suivez, pour la trouver, Théocrite et Virgile. Que leurs tendres écrits, par les Grâces dictés. Ne quittent point vos mains, jour et nuit feuilletés. Seuls, dans leurs doctes vers , ils pourront vous apprendre Par quel art sans bassesse un auteur peut descendre, . Chanter Flore, les champs, Pomone, les vergers, Au combat de la flûte animer deux bergers ; Des plaisirs de l'amour vanter la douce amorce; Changer Narcisse en fleur , couvrir Daphné d'écorce, Et par quel art encor TEglogue quelquefois Rend dignes d'un consul la campagne et les bois. Telle est de ce poëme et la force et la grâce.

^ BoiLEAu. Artpoét., ch. II.

^ L'Eglogue et l'Idylle.

AFFRA^'CHIS l'Eglogue captive 5 Tire-la des chaînes de l'art: Qu'elle soit tendre , mais naïve , Belle sans soin, vive sans fard^ Que, dans des routes naturelles, Elle cueille des fleurs nouvelles , Sans les chercher trop à l'écart.

En industrieuse bergère , Qu'elle dépeigne les forêts ; Mais sur une loilc légère.

Et sans coloris indiscrets j Kt que jamais le Irop d'étude

N'y contraigne aucune attitude, Ni ne charge trop les portraits.

La Nature sur chaque image Doit guider les traits du pinceau j Tout doit y peindre un paysage, Des jeux , des fêtes sous l'ormeau.

L'oeil est choque' s'il voit reluire Des palais l'or et le porphyre Où l'on ne doit voir qu'un hameau.

Il veut des grottes , des fontaines , Des pampres, des sillons dore's, Des pre's fleuris , de vertes plaines, Des bois, des lointains azurés.

Sur ce mélange de spectacles

Ses regards volent sans obstacles.

Agréablement égare's.

Là, dans leur course fugitive,

Des ruisseaux lui semblent plus beaux

Que ces ondes que l'art captive

Dans un dédale de canaux ,

Et qu'avec faste et violence

Une Sirène au ciel élance,

Et fait retomber en berceaux.

Sur cette scène tout inculte,

Mais par-là plus charmante aux yeux,

On aime à voir, loin du tumulte,

Un peuple de bergers heureux.

Le cœur, sur l'aile de l'Idylle, Porté loin du bruit de la ville,

\'ient respirer au milieu d'eux.

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