‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 17 sur 649 · XXV1IJ · texte numérisé non relu

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nuit jamais à la clarté, elle n'est pas toujours exempte d'un certain apprêt qui annonce de prochaines altérations dans le goût littéraire de la France. Ses Dialogues posthumes sur le quiétisme ne peuvent en aucune façon se rapprocher des Provinciales.

En métaphysique, le xvne siècle a produit Descaries qui eut une si puissante influence sur son âge, mais dont l'appréciation appartient plutôt à la philosophie qu'à la littérature , et son disciple Mallebranche. L'imagination poétique de Mallebranche lui fut nuisible peut-être dans l'analyse philosophique ; mais elle a souvent embelli la pensée et le style de sa Recherche de la Vérité d'une couleur presque platonicienne.

Pendant ce temps, les doctrines d'Épicure étaient professées par Gassendi , l'émule de Descartes , par Dernier , par Saint-Évremont , par Charleval, par cette voluptueuse société de Ninon de l'Enclos où Chaulieu initia Voltaire , par celle du Temple , plus licencieuse , qui succéda à la première. Bayle, réfugié en Hollande, soumettait dans son Dictionnaire historique et critique les institutions et les opinions humaines à l'examen d'un scepticisme savant et railleur. Son ouvrage (ut extrêmement utile à l'âge suivant. Ce fut un

arsenal où il vint puiser toutes ses armes. Toute cette école , en dehors du xvne siècle , préparait le xvme, et Fonlenclle parut être l'anneau destiné à les lier l'un à l'autre.

Fontenelle n'attaqua pas les préjugés de front, comme on fit après lui ; mais son Histoire des Oracles , ses Entretiens sur la pluralité des mondes,, etc. , levèrent à demi le voile qui les couvrait. Il eut le tort de s'essayer dans trop de genres. Ses tragédies, ses opéras, ses odes, toutes ses poésies sont spirituelles, mais froides; ses Dialogues des Morts rappellent , en l'exagérant encore , la manière affectée de Saint-Évremont. Le premier il se fit un nom dans l'éloquence académique que Racine seul avait illustrée jusquelà , le-jour qu'il fit l'éloge du grand Corneille. Les Eloges académiques de Fontenelle abondent en saillies ingénieuses. Son intelligence de toutes les matières , sa facilité à s'approprier les créations des savants par la forme sous laquelle il les présentait , la clarté et l'élégance trop souvent recherchée de son style lui donnèrent une grande vogue. Mais il ne fit que laisser échapper d'une main avare les opinions que le siècle suivant devait prodiguer et développer avec tant d'éclat et d'énergie.

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