‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 209 sur 649 · LE DUC DE ROHAN A SES TROUPES · texte numérisé non relu

LE DUC DE ROHAN A SES TROUPES

Après avoir sauvé l'Alsace, ce général s'était approché de Bâle; à la faveur de la nuit, il entra en Suisse, et parut inopinément, au bout de douze jours de marche , à Coire , où les Grisons, serrés de près parles Impériaux , le reçurent avec de grandes démonstrations de joie. Il fut d'abord repoussé par les ennemis , qui l'attaquèrent avec des forces supérieures ; mais il n'était jamais plus redoutable qu'après une défaite : il trompa l'ennemi par une contre-marche, et parut sur les hauteurs de Cassiano, à la vue des Impériaux étonnés. C'est alors qu'il adressa à ses troupes cette courte harangue, comparable aux plus belles des anciens capitaines :

i Nous avons passé des lieux presque inaccessibles pour venir en cette vallée ; nous y sommes enfermés de tous côtés. Voilà l'armée impériale qui se met en bataille devant nous ; les Grisons sont derrière , qui n'attendent que l'événement de cette journée pour nous charger, si nous tournons le dos. Les Valtelins ne sont pas moins disposés à achever ce qui restera de nous. De penser à la retraite , vous n'avez qu'à lever les yeux pour en voir l'impossibilité ; ce ne sont , de tous côtés, que précipices insurmontables , de sorte que notre salut dépend de notre seul courage. Pour Dieu ? mes amis , tandis que les armes de notre roi triomphent partout avec tant d'éclat , ne souffrons pas qu'elles périssent entre nos mains ; faisons , par une généreuse résolution , que ce petit vallon,

ment avec l'Espagne et la Savoie, qui lui promettaient la souveraineté desduchC et comte de Bourgogne avec la main d'une infante espagnole ; il fut trahi par son conRdcnt Lafln, qui l'avait entraîné dans son crime.

Biron fut arrête : il desavoua d'abord son projet, maisll s'en déclara coupable dans la suite, et eut la tele IrancUOe

dans l'intérieur au u oastuiu , eu 1602. tu. s,>

ne

DISCOURS

presque inconnu au monde , devienne considérable à la postérité , et soit aujourd'hui le théâtre de notre gloire. »

Rolian fut vainqueur , et sa fortune ne se démentit pas.

Mémoires et lettres de Henri de Rohan , sur la guerre de la Vaileline.

Page 1