NICOLA3 GADRINO, DIT RIENZI
Né avec un esprit vif, élevé, entreprenant, une conception facile, une mémoire sûre, un génie subtil et délié , beaucoup de facilité à s'exprimer, un cœur faux et dissimulé , une ambition sans bornes, il se donna tout entier à l'étude; cr. sorte qu'il devint bon grammairien , meilleur rhéloricien , excellent humaniste.
Il employait les jours elles nuits à la lecture ; il savait par cœur Tite-Live , Cicéron , Valèrc- Maxime et Sénèque.
Il avait une admiration particulière pour Jules- César qu'il se proposait pour modèle. Il passait son temps à déchiffrer les inscriptions qu'il cherchait sur les marbres brisés des ruines les plus anciennes, et les expliquait mieux que personne. H s'écriait souvent : i 0 dieux , que sont devenus ces grands hommes ! Ne verra-t-on plus de véritables Romains? La justice est-elle exilée pour jamais? >
Il était d'une figure avantageuse , sévère observateur des lois, moyen dont il se servait po gagner la bienveillance du peuple ; fourbe , imposteur, hypocrite , faisant servir la religion à ses desseins, mettant en œuvre les révélations et les visions pour s'autoriser ; effronté jusqu'à se vanter d'affermir l'autorité du pape , dans le même temps qu'il la sapait par ses fondements ; lier dans la prospérité , prompt à s'abattre dans l'adversité, étonné des moindres revers , mais , avec la réflexion , capable de se servir des moyens les plus hardis pour se relever 2.
DOispnÉAUX- Histoire de Rienzt.