CHARLES DE NAVARRE
Né de la fille de Louis X , marié avec la fill>>. de Jean , Charles de Navarre ne semblait être rap proche du trône par ce double degré, que pour la ruine de la famille royale et pour le malheur de la France.
Doué d'un esprit vif, qui brillait dans ses yeux, comme dans sa conversation ; petit de corps, mai* bien pris dans sa taille, cl joignant à une ligure agréable des manières attrayantes; actif, adroit,
jCuglC ilans une Cineulc en 1334. (i*. E.)
CARACTÈRES OU PORTRAITS
éloquent , il cachait un naturel pervers sous des dehors aimables et sous un air d'enjouement. Chez lui les ornements de la vertu étaient les armes du vice. Possédant avec un art merveilleux toutes les insinuations de l'affabilité , de la souplesse, delà llatterie , séduisant auprès des femmes , poli avec les seigneurs de la cour, populaire avec les bourgeois , frondeur avec les mécontents , il négociait pour tromper, promettait pour dérober, caressait pour trahir, cherchait à plaire pour corrompre ; jamais plus à craindre que lorsqu'il paraissait contracter les nœuds de la paix et de l'amitié. Les complots contre la patrie , les assassinats, les empoisonnements furent les exercices de sa jeunesse; prompt à entreprendre, hardi pour le crime, i imide dans le danger , remplissant la France de carnage par les guerres intestines et les guerres étrangères, sans paraître jamais dans les combats; criminel sans passion , méchant sans remords , ambitieux sans politique , séditieux par une humeur inquiète et jalouse, il fut toujours le fléau de son pays , l'instrument et le jouet d'Edouard III , enfin un de ces hommes malheureusement nés pour brouiller tout , et auxquels il ne manque que du génie pour renverser les empires *.
NAUDET , de l'Institut. Histoire des états généraux , années 1355-1358.