‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 245 sur 649 · SAINT VINCENT DE PAELE · texte numérisé non relu

SAINT VINCENT DE PAELE

A la tête de ces protecteurs de l'humanité souffrante , je vois un homme qui a reçu du ciel le don de l'éloculion, et la sensibilité la plus profonde, éloquent à force d'àme et de vertu, fécond en pensées du cœur, et par là même également sublime cl populaire dans ses discours; doué du plus rare courage d'esprit , de la conception des grandes entreprises et de la patience des plus petits détails, d'une imagination hardie et d'un jugement sage , d'une nrudencc'consommée pour

CARACTÈRES OU PORTRAITS

discerner l'à-propos des moments opportuns , saisir le point de maturité des projets utiles , et s'attacher aux établissements durables; enfin, d'un zèle ardent et inébranlable , d'un attrait de persuasion qui rallie toutes les opinions à ses sentiments, et du talent , plus heureux encore et plus rare, d'embraser les cœurs du feu divin , dont il est consumé lui-même. Cet homme anime tout , propose les bonnes œuvres, discute les moyens, indique les ressources , écarte les obstacles , correspond à la fois avec le gouvernement , avec les malheureux. Son regard embrasse toutes les provinces ; il veille sans cesse pour la patrie ; il est présent à toutes les calamités ; il atteint tous les malheurs par sa bienfaisance; il transporte tous ses auditeurs au milieu des désastres publics ; il les entraîne dans ce tourbillon de charité qui l'environne , les pénètre de terreur, les fait fondre en larmes, les oppresse de sanglots, leur ôle leur âme pour leur donner la sienne , et cet homme de la Providence est Vincent de Paule, qui , du milieu de son assemblée de charité * , semble dire, comme le Fils de Dieu, d'une voix qui est entendue jusqu'aux extrémités du royaume : Venez à moi, ô vous qui souffrez, et je vous soulagerai 3 !

le cardinal maCry. Panégyrique de saint Vincent de Paule , 2" partie , pag- 72-73.

L'éclat et la prospérité du règne de Louis XIV, la grandeur du souverain , le bonheur des peuples, feront regretter à jamais le plus grand ministre qu'ait eu la France. Ce fut par lui que les arts furent portés à ce degré de splendeur qui a rendu le règne de Louis XIV le plus beau règne de la monarchie ; et, ce qui est à remarquer , c'est que cette protection signalée qu'il leur accorda n'était peut-être pas en lui l'effet seul du goût et des connaissances : ce n'était pas par sentiment qu'il aimait les artistes et les savants; c'était comme homme d'Étal qu'il les protégeait,.parce qu'ilavait reconnu que les beaux-arts sont seuls capables de former et d'immortaliser les grands empires. Homme mémorable à jamais! ses soins étaient partagés entre l'économie et la prodigalité ; il économisait dans son cabinet , par l'esprit d'ordre qui le caractérisait, ce qu'il était obligé de pro-

' > On comptait dans cutte respectable association Anne d'Autriche, la reine de Pologne, la princesse de Conti , la duchesse d'Aiguillon, le gênerai dcGondi, le maréchal Faner I, la vertueuse veuve Le Gras, née Marillae ,qui devint la première supérieure de la Charité, dont clic prit l'habit, après avoir déposé, seule, dans les mains de saint Vincent de Paule , plus de deux millions d'aumônes.

diguer aux yeux de l'Europe , tant pour la gloire de son maître, que par la nécessité de lui obéir, esprit sage , et n'ayant point les écarts du génie . Parnegoliis nequesuprà eral (Tacite). Une fui que huit jourw-malade : on a dit qu'il était morl hors de la faveur : grande instruction pour les ministres3!

Le piOsidCIltllÉNAULT.

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