PELISSON DANS LES FERS
Au défaut des humains, souvent les animaux De l'homme abandonné soulagèrent les maux ; Et l'oiseau qui fredonne, et le chien qui caresse, Quelquefois ont suffi pour charmer sa tristesse.
> les Pœoniens, peuple celte, habitaient la Pannonic; Farine dont parle le poète est la hache; les Massagètcs étaient une des tribus scvtbes les plus fameuses; les Cèles habitaient l'une et l'autre rive du Danube qui s'étend dans la Mœsie et la Dacle ; les Galons, une partie de la Moscovic : les Sarmates, peuple barbare, avaient parcouru la plus grande partie de l'Europe, (N, R>
L'infortune n'est pas difficile en amis;
Pélisson l'éprouva. Dans ces lieux ennemis8,
Un insecte aux longs bras, de qui les doigts agiîes
Tapissaient ces vieux murs de leurs toiles fragiles,
Frappe aux yeux : soudain, que ne peut le malheur!
Voilà son compagnon et son consolateur!
Il l'aime, il suit de l'œil les réseaux qu'il déployé;
Lui-même il va chercher, va lui porter sa proie.
Il l'appelle, il accourt, et jusque dans sa main
L'animal familier vient chercher son festin.
Pour prix de ses secours il charme sa souffrance,
Il ne s'informe pas dans sa reconnaissance,
Si de ce malheureux caché dans sa prison
Le soin intéressé naît de son abandon :
Trop de raisonnement mène à l'ingratitude.
Son instinct fut plus juste ; et, dans leur solitude, Défiant et barreaux, et grilles, et verrous, Nos deux reclusentreeuxrendaientleursort plus doux Lorsque, de la vengeance implacable ministre, Un geôlier, au cœur dur, au visage sinisire, Indigné du plaisir que goûte un malheureux, Foule aux pieds son amie, et l'écrase à ses yeux : L'insecte était sensible, et l'homme fut barbare. Ah! tigre impitoyable et digne du Tartare, Digne de présider aux tourments des pervers, Va, Mégère t'attend au cachot des enfers ! Et toi. de qui Pallas punit la hardiesse, Mais a qui ton bienfait a rendu ta noblesse, Dont peut-être l'instinct dans ce mortel chéri Devinait des beaux-arts l'illustre favori, Arachné, si mes vers vivent dans la mémoire, Ton nom de Pélisson partagera la gloire; On dira ton bienfait, ses vertus, ses malheurs; Et ton sort avec lui partagera nos pleurs.
delille. L'Imagination, ch. VI.