LE MASSACRE DES FRANÇAIS A PALERME
Du lieu saint, à pas lents, je montais les degrés Encor jonchés de fleurs et de rameaux sacrés. Le peuple, prosterné sous ces voûtes antiques. Avait du roi-prophète entonné les cantiques; " D'un formidable bruit le temple est ébranlé , Tout à coup sur l'airain ses portes ont roulé. Il s'ouvre: des vieillards, des femmes éperdues, Des prêtres, des soldats, assiégeant les issues, Poursuivis, menaçants, l'un par l'autre heurtés, S'élancent loin du seuil à Ilots précipités. Ces mots : Guerre aux tyrans ! volent de bouche en bou- Le prêtre les répète avec un œil farouche ; [che;
L'enfant même y répond. Je veux fuir, et soudain Ce torrent qui grossit me ferme le chemin. Nos vainqueurs, qu'un amour profane et téméraire Rassemblait pour leur perte au pied du sanctuaire, Calmes, quoique surpris, entendent sans terreur Les cris tumultueux d'une foule en fureur. Le fer brille, le nombre accablait leur courage... Un chevalier s'élance, il se fraye un passage; II marche, il court; tout cède à l'effort de son bras,
2 nyacinthe fut tué par Apollon, en jouant au disque avec ce dieu. (N. E.)
s Pélisson, né en 1624, fut enfermé a la Bastille en 1660, où il eut le courage de composer trois mémoires en faveur de Fouquet qui , avant sa disgrâce, l'avait protégé. (N. E.)
■4 C'est Eirride , confidente d'Amélie de souabe , qui fait ce récita sa mailrcssç. (N. E.^
NARRATIONS
1a les rangs disperses s'ouvrent devant ses pas. Il affrontait leurs coups sans casque, sans armure... C'est Montfort! A ce cri succède un long murmure. t Oui , traîtres , ce nom seul est un arrêt pour vous ! o Fuyez! d dit-il , superbe et pâle de courroux; 11 balance dans l'air sa redoutable épée, Fumante encor du sang dont il l'avait trempée. 11 frappe... Un envoyé de la Divinité Eût semblé moins terrible au peuple épouvante. Mais Procida parait, et la foule interdite Se rassure à sa voix, roule , cl se précipite; Elle entoure Montfort. Par son père entraîné, Lorédan le suivait, muet et consterné.
Du vainqueur, du vaincu les clameurs se confondent; Des tombeaux souterrains les échos leur répondent. Le destin des combats flottait encor douteux'; La nuit répand sur nous son voile ténébreux., Parmi les assassins je m'égare; incertaine, Je cherche le palais, je marche, je me traîne, 0ue de morts ! de mourants ! Faut-il qu'un jour nouticlaire de ses feux cet horrible tableau ! [veau
Puisse le soleil fuir, et celte nuit sanglante Cacher au inonde entier les forfaits qu'elle enfante!
Casimir delavigne. Les VÈprcs Siciliennes, ait. V, se. II.