‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 301 sur 649 · SONGE DE CLYTEMNESTRE · texte numérisé non relu

SONGE DE CLYTEMNESTRE

Seigneur9, n'irritez point son orgueil furieux; Si vous saviezlesmaux que m'annoncent les dieux!... J'en frémis. Non , jamais le ciel impitoyable N'a menacé nos jours d'un sort plus déplorable. Deux fois mes sens , frappés par un triste réveil. Pour la troisième fois se livraient au sommeil, Quand j'ai cru par des cris terribles et funèbres Me sentir entraîner dans l'horreur des ténèbres. Je suivais malgré moi de si lugubres cris ; Je ne sais quels remords agitaient mes esprits; Mille foudres grondaient dans un épais nuage Qui semblait cependant céder à mon passage. Sous mes pas chancelants un gouffre s'est ouvert; L'affreux séjour des morts à mes yeux s'est offert ; A travers l'Achéron la malheureuse Electre A grands pas où j'étais semblait guider un spectre ; Je fuyais , il me suit. Ah ! seigneur ! à ce nom Mon sang se glace : hélas! c'était Agamemnon. « Arrête , m'a-t-il dit d'une voix formidable; Voici de tes forfaits le terme redoutable ! Arrête, épouse indigne , et frémis à ce sang Que le cruel iEgisthe a tiré de mon flanc ! » Ce sang, qui ruisselait d'une large blessure, Semblait, en s'écoulant, pousser un long murmure. A l'instant j'ai cru voir aussi couler le mien ; Mais, malheureuse ! à peine a-t-il touché le sien, Que j'en ai vu renaître un monstre impitoyable Qui m'a lancé d'abord un regard effroyable ; Deux fois le Slyx, frappé par ses rugissements, 4 longtemps répondu par des mugissements. Vous êtes accouru; mais le monstre en furie D'un seul coup à mes pieds vous a jeté sans vie, Et m'a ravi la mienne avec le même effort, Sans me donner le temps de sentir votre mort. crÉbillon. Electre, act. 1, se. vu.

NARRATIONS

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