INVENTION ET NAISSAN'CE DES ARTS
Pour prolonger des jours destinés aux douleurs, Naissent les premiers arts, enfants de nos malheurs. La branche en longs éclats cède au bras qui l'arrache: Par le fer façonnée, elle allonge la hache, L'homme avec son secours, non sans un long effort Ebranle et fait tomber l'arbre dont elle sort. Et tandis qu'au fuseau la laine obéissante Suit une main légère, une main plus pesante- Frappe à coups redoublés l'enclume qui gémit; La lime mord l'acier, et l'oreille en frémit. Le voyageur qu'arrête un obstacle liquide, A l'écorce d'un bois confie un pied timide. Retenu parla peur, par l'intérêt pressé, Il avance en tremblant : le fleuve est traversé. Bientôt ils oseront, les yeux vers les éto;les, S'abandonner aux mers sur la foi de leurs voiles. Avant que dans les pleurs ils pétrissent leur pain, Avec de longs soupirs ils ont brisé le grain. Un ruisseau par son cours, le vent par son haleine, Peut à leurs faibles bras épargner tant de peine ; Mais ces heureux secours, si présents à leurs veux, Quand ils les connaîtrons, le monde sera vieux. Homme né pour souffrir, prodige d'ignorance, Où vas-tu donc chercher ta stupide arrogance4? RiCiNB fils. La Religion, ch. lu.
prose, Origine et mobiles de l'industrie huit
i" livre des Gfiorgiques de Virglles, vers ii>.