‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 309 sur 649 · PHILOSOPHIE DE NEWTON · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE DE NEWTON

, Le charme tout-puissant de la philosophie Élève un esprit sage au-dessus de l'envie. Tranquilleau hautdescieuxque Newton s'est soumis , Il ignore en effet s'il a des ennemis. Je ne les entends plus. Déjà de la carrière L'auguste vérité vient m'ouvrir la barrière; Déjà ces tourbillons , l'un par l'autre pressés , Se mouvant sans espace, et sans règle entassés , Ces fantômes savants à mes yeux disparaissent; Un jour plus pur me luit , les mouvements renaissent. L'espace , qui de Dieu contient l'imniensité , Voit rouler dans son sein l'univers limité, Cet univers si vaste à notre faible vue , Et qui n'est qu'un atome , un point dans l'étendue. Dieu parle , et le chaos se dissipe à sa voix; Vers un centre commun tout gravite à la fois. Ce ressort si puissant, l'âme de la nature, Était enseveli dans une nuit obscure; Le compas de Newton , mesurant l'univers , Lève enfin ce grand voile, et les cieux sont ouverts.

Il découvre à mes yeux, par une main savante , De l'astre des saisons la robe élincelante : L'émeraude, l'azur, la pourpre, le rubis, Sont l'immortel tissu dont brillent ses habits. Chacun de ses rayons , dans sa substance pure , Porte en soi la couleur dont se peint la nature, Et confondus ensemble ils éclairent nos yeux , Ils animent le monde, ils emplissent les cieux.

Confidents du Très-Haut, substances éternelles, Qui brûlez de ses feux , qui couvrez de vos ailes Le trône où votre maître est assis parmi vous ,- Parlez, du grand Newton n'étiez-vous pas jaloux?

La mer entend sa voix. Je vois l'humide empire S'élever , s'avancer vers le ciel qui l'attire ; Mais un pouvoir central arrête ses efforts ; La mer tombe, s'affaisse, et roule vers ses bords.

Comètes, que l'on craint à l'égal du tonnerre, Cessez d'épouvanter les peuples de la terre ; Dans une ellipse immense achevez votre cours ; Remontez, descendez près de l'astre des jours; Lancez vos feux, volez, et revenant sans cesse, Des mondes épuisés ranimez la vieillesse.

Et toi , sœur du soleil , astre qui , dans les cieux , Des sages éblouis trompais les faibles yeux, Newton de ta carrière a marqué les limites; Marche, éclaire les nuits; tes bornes sont prescrites.

Terre, change de forme; et que la pesanteur En abaissant le pôle élève Péqualeur ; Pôle immobile aux yeux , si lent dans votre course, Fuyez le char glacé des sept astres de l'Ourse ; Embrassez dans le cours de vos longs mouvements Deux cents siècles entiers par delà six mille ans '.

VOLTAIRE

t'ORÏCINE DE L'ASTRONOMIE.

Cependant vers l'Euphrate on dit que des pasteurs Du grand art de Kepler rustiques inventeurs 2,

«Voyez, première et deuxième partie , Caractères ou Portraits.

8 Jean Kepler ou Kcppler, célèbre astronome allemand, naquilà YVeil (Willcnbcrg), en 1571. Il publia en 1619 son immortel ouvrage sur l'astronomie, connu sous le nom de Lois ife Kepler, et dont l'importance ne fui appréciée que plus

Etudiaient les lois de ces astres paisibles Qui mesurent du temps les traces invisibles, Marquaient et leur déclin et leur cours passager, Le gravaient sur la pierre, et du globe étranger Que l'univers tremblant revoit par intervalle, Savaient même embrasser la carrière inégale 5. Ainsi l'Astronomie eut les champs pour berceau : Cette fille des cieux illustra le hameau. On la vit habiter, dans l'enfance du monde, Des patriarches-rois la tente vagabonde , Et guider le troupeau , la famille , le char Qui parcourait au loin le vaste Sennaar. Bergère , elle aime encor ce qu'aima sa jeunesse s Dans les champs étoiles la voyez-vous sans cesse Promener le Taureau, la Chèvre., le Bélier, Et le chien pastoral, et le char du Bouvier? Ses mœurs ne changent point , et le ciel nous répète Que la docte Uranie a porté la houlette.

de fontanes. Essai surfastronomie.

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