‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 320 sur 649 · LES SEPULTURES AU CAN'APA · texte numérisé non relu

LES SEPULTURES AU CAN'APA

Que des Canadiens j'aime l'antique usage! Sur les bords du torrent, près du rocher, sauvage Leur âme se nourrit du charme des douleurs : Ils cultivent la tombe, et l'arrosent de pleurs. Un tendre souvenir, dans la saison nouvelle, Vers cet enclos sacré doucement les rappelle. Morne et silencieux , sur la pierre étendu , Le père croit revoir le fils qu'il a perdu ; Les yeux levés au ciel , la mère désolée S'approche avec lenteur de l'étroit mausolée, Et, soupirant le nom de cet enfant chéri, Répand sur son tombeau le lait qui l'eût nourri ! De son fils qui n'est plus la plaintive Indienne Voit les vents balancer la tombe aérienne... Mais, le jour où l'enfant s'endort du grand sommeil , S'inclinant sur sa bouche , elle attend son réveil. Quand le soleil trois fois a doré le nuage, Elle lui forme un lit de fleurs et de feuillage, De l'érable docile agile le rameau...

Et ne s'aperçoit pas qu'elle berce un tombeau !

millevoye. La Tendresse maternette.

LE TAYSAGE.

Que d'objets rassemblés dans ce frais paysage!

Le fleuve en son heureux passage Réfléchit de ses bords la fertile beauté, Et baigne de ses eaux lentement fugitives Tous ces monts de verdure élevés sur ses rives. Que le ciel est serein! quel calme dans les champs! Que ces sites sont doux ! que ces lieux sont touchants! O puissante nature ! ô grande enchanteresse ! Tout ce que j'aperçois m'attache et m'intéresse; L'arbre de ces vergers , dont les rameaux féconds Courbent leurs fruits pendants sur l'ombre desgazons, Et le saule incliné sur la rive penchante, balançant mollement sa tête blanchissante; Le parot effeuillé par le souffle des vents, Et ce pâle rideau de peupliers mouvants; Ces sentiers, ces détours qu'ombrage la charmille; Dans ce nid suspendu cette jeune famille.

Assis auprès de ce ruisseau Qui tombe d'une grotte et fuit dans la prairie, Je sens naître dans moi la vague rêverie.

Qui suit les erreurs de son eau.

i Le soleil , plus brillant au bout de sa carrière, | Des couleurs de l'iris nuance sa lumière; Il embrase les deux, et son disque incliné Descend sur l'horizon, de flamme environné. J'entends les sons aigus de l'instrument rustique, Rappelant les troupeaux à celle ferme antique. Au paire fatigué la nuit permet enfin De suspendre un travail qu'il reprendra demain. Au signal du repos, le laboureur ramène Le bœuf laborieux , compagnon de sa peine : Ils foulent à pas lents la mousse des vallons, Et le soc retourné traîne dans les sillons.

la IUKPE. Épilrc au comte deScho^valoiu.

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