‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 321 sur 649 · LA FONTAINE DE VAUCLUSE · texte numérisé non relu

LA FONTAINE DE VAUCLUSE

Vauclusc! heureux séjour, que sans enchantement iVe peut voir nul poêle, et surtout nul amant! Dans ce cercle de monts qui , recourbant leur chaîne, Nourrissent de leurs eaux la source souterraine;

Sous la roche voûtée, antre mystérieux, Où ta nymphe, échappant aux regards curieux, Dans un gouffre sans fond cache sa source obscure, Combien j'aimais à voir ton eau qui , toujours pure, Tantôt clans son bassin renferme ses trésors , Tantôt en bouillonnant s'élève, et de ses bords Versant parmi des rocs ses vagues blanchissantes, De cascade en cascade au loin rejaillissantes, Tombe et roule à grandbruit, puisxialmant son cour- Sur un lit plus éga l répand des flots plus doux , [roux, Et , sous un ciel d'azur, coule , arrose et féconde t.e plus riant vallon qu'éclaire l'œil du monde!

Mais ces eaux , ce beau ciel , ce vallon enchanteur, Moins que Pétrarque et Laure,inléressaienlmon cœur. La voilà donc, disais-je, oui, voilà celle rive Que Pétrarque charmait de sa lyre plaintive! ici Pétrarque, à Laure exprimant son amour, Voyait naître trop tard , mourir trop tôt ie jour, îîetrouverai-je encor, sur ces rocs solitaires, De leurs chiffres unis les tendres caractères? Une grotte écartée avait frappé mes yeux: Grotte sombre, dis-moi si tu les vis heureux! M'écriais-je. Un vieux tronc bordait-il le rivage? Laure avait reposé sous son antique ombrage. Je redemandais Laure à l'écho du vallon , Et l'écho n'avait point oublié ce doux nom. [Laure, Partout mes yeux cherchaient, voyaient Pétrarque et Et par eux ces beaux lieux s'embellissaient encore. delille. Les Jardins, oh. m.

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