‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 322 sur 649 · LES VUES PROPRES AU VERGER · texte numérisé non relu

LES VUES PROPRES AU VERGER

Daignez aux habitants de la ferme voisine Accorder un chemin à l'abri des chaleurs. Que les jeunes enfants croissent parmi vos fleurs! Près de vous , loin de vous , l'œil charmé se promène : Contemplez ces lointains , ces coteaux , cette plaine. Quand avril reparaît, quand le jour renaissant Se glisse à travers l'ombre, et l'efface en croissant, La féconde génisse abandonne l'étable, Mugit, et, du hameau nourrice inépuisable, Broutant jusqu'à la nuit un gazon ranimé, Grossit le doux trésor de son lait parfumé. L'œil la suit dans ces bois, dans ce noir labyrinthe, Où de ses pieds pesants s'approfondit l'empreinte. Là sont des laboureurs , et dans le gras vallon , Penchés sur leur charrue, ils ouvrent un sillon. Tandis que les brebis, qui paissent confondues, Vous présentent de loin , aux rochers suspendues , D'un nuage argenté l'immobile blancheur, A vos pieds se promène un robuste faucheur : L'herbe tombe et s'entasse en monceaux divisée; Souvent frémit la faux sur la pierre aiguisée. Peindrai-je dans les champs les moissonneurs épais , Les gerbes, à grands cris, s'élevant sur les chars, Et les folâtres jeux que la vendange amène?

de fontanes. Le Verger.

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