LES TOMBEAUX DE PALMYRE
Palmyre voit au fond de sa triste vallée , Que borne à l'orient râpreté des déserts, Le sommet d'une tour s'élever dans les airs. Des vierges, l'urne en main, le front mélancolique , Montrent sur trois côtés leur forme emblématique. Sous une épaisse voûte , asile de la nuit, Se cachent les degrés de ce pieux réduit, Dont la façade ouverte, au sein du marbre , étale Odénat, revêtu de la pompe royale1; Ses aïeux , qu'anima le fidèle ciseau , Veillent toujours en pleurs dans le même tombeau. Des pilastres, plus bas, l'intervalle recèle Le trésor embaumé de leur chair immortelle : L'albâtre le renferme. Il présente d'abord Et les traits et le nom, et les hauts faits du mort. Art pieux que du Nil fit naître la contrée, Un vil débris te doit l'immortelle durée, Et , trompant de la mort l'irrévocable loi , L'homme semble revivre et s'animer par toi. Les esclaves du prince, après sa dernière heure, Peupleront le sommet de sa vaste demeure; La verdure, les fleurs, et le cristal des eaux Oui fuit en murmurant sous d'épais arbrisseaux , Aux pensers douloureux mêlent encor des charmes, Et sans tarir leur source interrompent les larmesdorion. Falmyre conquise, eu. vu.