‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 333 sur 649 · LES TOMDEAUX DE SAINT-DENIS · texte numérisé non relu

LES TOMDEAUX DE SAINT-DENIS

lies barbares jadis l'instinct religieux Respecta dans ces rois les images des dieux; Kl vous exterminez leur auguste poussière, Qu'avait su conserver la morl hospitalière -!

• Voyez , dans la première partie , Fables cl Allégories. (N.EO 2 Ce fui en octobre 171)3 , (|ii*c»t lieu la violation sacrilège des lombes où claicnl renfermés les corps îles rois cl reines

Du roi le plus pieux , d'un des plus saints mortels, Vos sacrilèges mains renversent les autels! Accordez-lui du moins un asile à Vincenne, Un tombeau de gazon sous cet auguste chêne Où sa voix équitable, en jugeant nos aïeux, Semblait leur annoncer la volonté des cieux. El Charles cinq, formé sur cet illustre exemple, A-t-il perdu le droit d'habiter dans ce temple? Vont-ils des potentats partager le destin , Ce sage et ce guerrier, Suger et du Guesclin ; Suger, enfant du cloître, et qui, né sans ancêtres. Sut gouverner en père et la France et ses maîtres, Et ce bon du Guesclin , dont la victoire en deuil Sous les murs de Randon couronna le cercueil? Magnanime Louis ! ta tombe et les images Périssent; mais, vainqueur de ces lâches outrages, Ton siècle qui te doit toute sa majesté, Te couvre des rayons de l'immortalité : Siècle encor sans rival, rempli de ton histoire, Héritier de ton nom , et chargé de ta gloire. Ah ! parmi tant d'objets de respect et d'amour, Quand chacun dans mon âme éveillait tour à tour Les brillants souvenirs et les tristes pensées Qu'inspire le destin des grandeurs terrassées, Que devins-je à l'aspect du roi le plus chéri? Il semblait respirer : Est-ce toi, bon Henri?... Du poignard sur ton sein je reconnais la marque... C'est toi-même, et je crois, ô généreux monarque! Entendre ces accents échapper de ton cœur : « Ah ! si l'un de mes fils , des factions vainqueur, « Et ministre du ciel, devenu plus propice, « Ramène dans l'Etat la paix et la justice; « S'il relève jamais mon trône renversé, « D'un généreux oubli couvrant tout le passé, « Puisse-t-il comme nous, ami de la clémence, a Pardonner, en pleurant, ces crimes à la France!

TRÉNEU1L.

Dans la belle vallée où fut Lacédémone , Non loin de l'Eurotas, et près de ce ruisseau Qui , formant son canal de débris de colonne, Va sous des lauriers-rose ensevelir son eau , Regardez : c'est la Grèce : et toute en un tableau.

Une femme est debout, de beauté ravissante, Pieds nus ; et sous ses doigts un indigent fuseau File, d'une quenouille empruntée au roseau, Du colon floconneux la neige éblouissante. Un pâtre d'Amyclce, auprès d'elle placé, Du bâton recourbé, de la courte tunique3 , Rappelle les bergers d'un bas-relief antique. Par un instinct charmant, et sans art adossé Contre un vase de marbre à demi renversé, Comme aux jours solennels des fêtes d'Hyacinthe, Des fleurs du glatinier sa tête encore esl ceinte. Sous sa couronne à l'ombre, il regarde, surpris, Trois voyageurs d'Europe, au pied d'un chêne assis Le chemin est auprès. Sur un coursier conduite, La musulmane y passe, et de l'œil du mépris Regarde; et l'Africain marche et porte à sa suite Dans une cage d'or sa perdrix favorite : Cependant qu'un aga, dans un riche appareil,

de France , et des aulrcs grands personnages enterres dan» l'église de l'abbaye de Saint-Denis. (N. E )

3 II dcvi'ailyavoir:au bâton recourbe, à lacourte tunique La phrase, telle qu'elle est cousLruiic, esl obscure, {X. E.»

TABMîMJX.

Rapide cavalier au front sombre et sévère, Sous un galop bruyant fait rouler la poussière De ses armes d'argent que frappe le soleil , Parmi les oliviers scintille la lumière. Il nous lance en passant des regards scrutateurs. Voilà Sparte : voilà la Grèce tout entière : Un esclave, un tyran, des débris, et des fleurs, p. lebrun. Voyage en Grèce.

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