L'IVRESSE DU PAUVRE
Avez-vous quelquefois rencontré, vers le soir, Un brave campagnard regagnant son manoir, Après avoir à table employé sa journée?
Sa marche est vacillante , et sa tête avinée; Il trébuche parfois , et toujours sans danger: Car un dieu l'accompagne et le doit proléger. Il s'avance incertain du chemin qu'il doit suivre, Guidé par la liqueur qui l'échauffé et l'enivre : La joie est dans ses yeux; son cœur est délivré Des ennuis dont la veille il était ulcéré. Après mille détours il retrouve son chaume; Il se croit devenu souverain d'un royaume, Ou plutôt l'univers, réclamant son appui, Dépend de son domaine et relève de lui. Il lègue à ses enfants des trésors, des provinces; Sa femme est une reine , et ses fils sont des princes Il triomphe au milieu de cet enchantement, Demande encore à boire , et s'endort en chantant» bebchoux. La GastronomS-