LES RESTES , LES SOUVENIRS DE L'ANCIENNE ROME
Le zéphyr règne dans les airs; Et, mollement porté sur la mer de Tyrrhène, Je découvre déjà la ville des Césars, Rome, en guerriers fameux autrefois si féconde, Rome, encore aujourd'hui l'empire des beaux-arts, L'oracle de vingt rois et le temple du monde. Voilà donc les lauriers des fds de Scipioh Et des fiers descendants du demi-dieu du Tibre ! Voilà ce Capitole, et ce beau Panthéon Où semble encore errer l'ombre d'un peuple libre! Oh ! qui me nommera tous ces marbres épars , Et ces grands monuments dont mon âmeestfrappée? Montons au Vatican, courons au Champ-de-Mars , Au portique d'Auguste, à celui de Pompée. Sont-ce là les jardins où Catulle autrefois Se promenait le soir à côté d'Hypsilhille? Citoyens, s'il en est que réveille ma voix, Montrez-moi la maison d'Horace et de Virgile.
Avec quel doux saisissement , Ton livre en main, voluptueux Horace, Je parcourrai ces bois et ce coteau charmant, Que ta muse a décrits dans des vers pleins de grâce, De ton goût délicat éternel monument!
J'irai dans les champs de Sabine , Sous l'abri frais de ces longs peupliers,
Qui couvrent encor la ruine De tes modestes bains, de tes humbles celliers;
J'irai chercher, d'un œil avide, De leurs débris sacrés un reste enseveli ,
Et, dans ce désert embelli Par l'Anio grondant dans sa chute rapide,
Respirer la poussière humide
Des cascades de Tivoli.
Puissé-je, hélas! au doux bruit de leur onde, Finir mes jours ainsi que mes revers !
Ce petit coin de l'univers Rit plus à mes regards que le reste du monde. L'olive, le citron, la noix chère à Paies, Y rompent de leur poids les branches gémissantes,
i Cales est une ville d'Italie, dans la Campanie, connue par ses vignobles. (N. E.)
s Lentisque , arbre moyen , apétale ; il en découle une résine aromatique, fortifiante. Le cyclamen est une plante
Et sur le mont voisin les grappes mûrissantes Ne portent point envia aux raisins de Calés*.
BKBT1N.