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LES MONUMENTS RELIGIEUX ET ANTIQUES

Égaré sous le ciel de la belle Italie , Oh ! comme avec transport le pieux voyageur Cherche ces monuments qu'habile le Seigneur! Tantôt c'est un clocher dont sa vue incertaine Se plaît à mesurer la flèche aérienne ; A ses yeux quelquefois l'église des cités Etale sans orgueil d'imposantes beautés; Dans les creux du vallon quelquefois un vieux temple Appelle ses regards ; il s'arrête, il contemple Ce portique désert par le temps écrasé, Et s'assied en rêvant sur un aulel brisé. Eh ! qui n'a parcouru d'un pas mélancolique Le dôme abandonné, la vieille basilique, Où devant l'Éternel s'inclinaient ses aïeux? Ces débris éloquents, ce seuil religieux, Ce seuil où tant de l'ois, le Iront clans la poussière ,

i Voyez ne ii.irlic, Descriptions en prose , plusieurs mor- • eaux île co Genre.

Gémit le repentir, espéra la prière;

Ce long rang de tombeaux, que la mousse a couvert,

Ces vases mutilés, et ce comble enlr'ouvert,

Du temps et de la mort tout proclame l'empire :

Erappé de son néant, l'homme observe et soupire.

L'imagination à ces murs dévastés

Rend leur encens , leur culte et leurs solennités;

A travers tout un siècle, écoute les cantiques

Que la religion chantait sous ces portiques.

Là , rougissait l'hymen ; ici l'adolescent ,

Beau comme son offrande, et comme elle innocent,

Consacrait au Seigneur, modeste tributaire,

Déjeunes fleurs, des fruits, prémices de la terre.

Mais tout a disparu , le temps a fait un pas :

Où souriait l'enfance, est assis le trépas;

L'herbe croît sur l'autel ; l'oiseau des funérailles

De son cri prophétique attriste ces murailles.

Seulement, quelquefois un cénobite en deuil

Y vient de son ami visiter le cercueil :

C'est lui ; le souvenir vers ces lieux le ramène ;

De tombeaux en tombeaux sa douleur se promène.

Parmi des ossements et des marbres brisés,

Témoins de ses regrets , de ses pleurs arrosés,

Il creuse, sans pâlir, sa retraite dernière.

L'aquilon de minuit se mêle à sa prière,

Et le cloître attentif en redit les accents.

A ces restes sacrés, à ces murs vieillissants,

Quel pouvoir inconnu malgré moi m'intéresse?

C'est la religion ; oui , cette enchanteresse

Se plaît à nous unir d'un nœud mystérieux

A tous les monuments consacrés par les cieux.

Le tombeau du martyr , le rocher, la retraite,

Où dans un long exil vieillit l'anachorète,

Tout parle à notre cœur : et toi , signe sacré,

Des chrétiens et du monde à l'envi révéré ,

Croix modeste, quel est ton ineffable empire?

Tes muettes leçons aux mortels semblent dire :

a Un Dieu périt pour vous ; n'oubliez point ses lois. »

Ton aspect imprévu rendit plus d'une fois

La paix au repentir, des pleurs à la souffrance ,

Au crime les remords , au malheur l'espérance.

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