‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 351 sur 649 · L'ORAGE · texte numérisé non relu

L'ORAGE

On voit à l'horizon de deux points opposés Des nuages monter dans les airs embrasés; On les voit s'épaissir, s'élever et s'étendre. D'un tonnerre éloigné le bruit s'est fait entendre : Les flots en ont frémi , l'air en est ébranlé , Et le long du vallon le feuillage a tremblé ; Les monts ont prolongé le lugubre murmure, Dont le son lent et sourd attriste la nature. Il succède à ce bruit un calme plein d'horreur, Et la terre en silence attend dans la terreur ; Des monts et des rochers le vaste amphithéâtre Disparaît tout à coup sous un voilé grisâtre, Le nuage élargi les couvre de ses flancs ; Il pèse sur les airs tranquilles et brûlants.

Mais des traits enflammés ont sillonné la nue, Et la foudre, en grondant, roule dans l'étendue: Elle redouble, vole, éclate dans les airs ; Leurnuit est plus profonde; et de vastes éclairs En font sortir sans cesse un jour pâle et livide. Du couchant ténébreux s'élance un vent rapide Qui tourne sur la plaine, et, rasant les sillons, Enlève un sable noir qu'il roule en tourbillons. Ce nuage nouveau , ce torrent de poussière, Dérobe à la campagne un reste de lumière. La peur, l'airain sonnant, dans les temples sacrés Font entrer à grands flots les peuples égarés. Gcand Dieu ! vois à les pieds leur foule consternée Te demander le prix des travaux de l'année. Hélas! d'un ciel en feu les globules glacés Écrasent en tombant les épis renversés.

a Méof, cuisinier fameux ■ Directoire. (fl. E.)

temps de Louis XYi et du

DESCRIPTIONS

Le tonnerre et les vents déchirent les nuages ; Le fermier de ses champs contemple les ravages, Kt presse dans ses bras ses enfants effrayés. La foudre éclate, tombe; et des monts foudroyés Descendent à grand bruit les graviers et les ondes, Qui courent en torrents sur les plaines fécondes. 0 récolle! ô moissons! tout péril sans retour : L'ouvrage de l'année est délruildans un jour !. saint-lambeut. Les Saisons.

MÊME SUJET

Une vapeur parait, s'étend et s'épaissit; Le jour pâlit, l'air silUe, et le ciel s'obscurcit. Dans le sein d'un nuage assemblant les tempêtes, La main de l'Éternel les suspend sur nos têtes. Il vient, et devant lui s'élancent les éclairs; Son trône redoutable est au milieu des airs; Il abaisse les cieux, l'orage l'environne, Les vents sont à ses pieds, la flamme le couronne; La foudre élincelante éclate dans ses mains, Klle part, elle frappe, elle instruit les humains. De ses traits enflammés voyez les tours brisées, Les rochers abattus , les forêts embrasées, La terre est en silence, et la pâle frayeur Des peuples consternés glace et flétrit le cœur. De ses traits meurtriers la grêle impitoyable Bat les tristes épis, les brise, les accable; Tous les vents déchaînés arrachent des sillons Les blés enveloppés de leurs noirs tourbillons ; Les torrents en fureur des montagnes descendent : Les fleuves débordés dans les plaines s'étendent; Les champs sont submergés, les épis ne sont plus. O travaux d'une année! un jour vous a perdus. eosset. L'Jgriculture.

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