‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 356 sur 649 · LA VEILLÉE · texte numérisé non relu

LA VEILLÉE

A ces jours si remplis succède la soirée , Et votre cœur content n'en craint pas la durée; Un facile travail, de doux amusements, De la longue veillée abrègent les moments. Tantôt, la serpe en main, vous divisez le hêtre, El préparez l'appui du pampre qui doit naître , Tandis que votre épouse , aux lueurs d'un brasier, Dans l'osier avec art entrelaçant l'osier, Précipite galment une chanson naïve , Ou traîne en gémissant la romance plaintive. Tantôt sous votre toit vos voisins rassemblés Entourent vos foyers de cercles redoublés, Où préside un Nestor, l'oracle du village -.

Il prédit au canlon le beau temps et l'orage. Son voisin l'interrompt pour parler à son tour, Et fait de longs récits ou de guerre ou d'amour. De l'antique féerie on raconte une histoire; L'orateur, qui la croit, l'atteste et la fait croire. Un spectre, dit l'un d'eux, paraît vers le grand bois : Le jour de la tempête on entendit sa voix ; Un autre en fait d'abord la peinture effrayante; Le crédule auditoire est saisi d'épouvante ; Le silence et la peur augmentent par degré, Et plus près du foyer le cercle est resserré.

Mais, pendant ces récits, la robuste jeunesse Se livre sans contrainte à sa vive allégresse; A peine la muselle et l'humble chalumeau Ont rassemblé le soir les galants du hameau, Que dans un vaste enclos, préparé pour la danse, Ils viennent étaler leur rustique élégance; Leurs pas sont ralentis ou pressés au hasard; I Is suivent sans cadence un instrument sans art. Tous célèbrent en vers la beauté du village ;

< Cet épisode est historique, et le fait arriva réellement au Jaruhi des Plantes à Paris. IN. E.)

La muse et la bergère ont le même langage. 0 mortels innocents, que votre sort est doux!

SAint-i.ambert. Les Saisons.

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