‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 363 sur 649 · LE CYGNE · texte numérisé non relu

LE CYGNE

Le cygne, toujours beau, soit qu'il vienne au rivage, Certain de ses attraits, s'offrir à notre hommage; Soit que de nos vaisseaux le modèle achevé, Se rabaissant en proue, en poupe relevé, L'estomac pour carène, et de sa queue agile Mouvant le gouvernail en timonier habile, Les pieds pour avirons, pour flotte ces oiseaux Qui se pressent en foule autour du roi des eaux , Pour voile enfin son aile au gré des vents enflée, Fier, il vole au milieu de son escadre ailée. Mais, quand son feu l'atteint dans l'humide séjour De quel charme nouveau vient l'embellir l'amour' Que de folâtres jeux ! que d'aimables caresses ! Doux et passionné dans ses vives tendresses, Déployant mollement son plumage amoureux, De quel air caressant pour l'objet de ses feux H prouve aux flots émus par son ardeur féconde Que la mère d'Amour est la fille de l'onde ; Et de son corps, choisi pour plaire à deux beaux yeux, Justifie , en aimant, le monarque des dieux s! La Fabte , de sa voix a vanté la merveille; L'œil enchanté sans doute avait séduit l'oreille. Et qu'avait-il besoin de ce titre emprunté? Lui seul réunit tout, force, grâce, fierté; 11 habite, à son choix, les airs, l'onde et la terre, Modéré dans la paix , valeureux dans la guerre, Terrible, impétueux, il fond sur ses rivaux; Leur choc trouble les airs, il agile les eaux : Tel Antoine jadis, sur les plaines de l'onde, Disputait Cléopàtre et l'empire du monde ».

delille. Les Trois Règne t.

Enfin, pour achever ces nombreux parallèles, Avec la lourde autruche et ses mesquines ailes, Comparez cet oiseau qui, moins vu qu'entendu, Ainsi qu'un trait agile à nos yeux est perdu, Du peuple ailé des airs brillante miniature, Où le ciel , des couleurs épuisa la parure ; Et, pour tout dire enfin, le charmant colibri Qui, de fleurs, de rosée et de vapeurs nourri,

t Voyez plus haut.

s Jupiter, empruntant la Ilgurc du cygne pour sCdnlre Lécla, fille de Tyndare, roi de Sparte. (N. E.) 3 Voyez if partie.

DESCRIPTIONS

Jamais sur chaque lige un instant ne demeure , Glisse et ne pose pas, suce moins qu'il n'effleure : Phénomène léger, chef-d'œuvre aérien , De qui la grâce est tout, et le corps presque rien ; Vif, prompt, gai , de la vie aimable et frêle esquisse, Et des dieux, s'ils en ont, le plus charmant caprice.

LE MKME./Wd, Ch. VII.

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