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LA MONARCHIE ET L'ÉTAT POPULAIRE

Si l'amour du pays doit ici prévaloir, C'est son bien seulement que vous devez vouloir !

i Voyez plus bas , Allégories , même sujet, s Corlolan,quI comballitavcc les Yolsques, ivec les Espagnols. (N. E.)

Et cette liberté qui lui semble si chère, N'est pour Rome, seigneur3, qu'un bien imaginaire, Plus nuisible qu'utile, et qui n'approche pas De celui qu'un bon- prince apporte à ses Etats. Avec ordre et raison les honneurs il dispense; Avec discernement punit et récompense; Et dispose de tout en juste possesseur, Sans rien précipiter de peur d'un successeur. Mais, quand le peuple est maître, on n'agit qu'en tu- La voix de la raison jamais ne se consulte ; [înullc , Les honneurs sont vendus aux plus ambitieux , L'autorité livrée aux plus séditieux.

Ces petits souverains qu'il fait pour une année, Voyant d'un temps si court leur puissance bornée, Des plus heureux desseins font avorter le fruit, De peur de le laisser à celui qui les suit. Comme ils ont peu de part au bien dont ils ordonnent, Dans le champ du public largement ils moissonnent, Assurés que chacun leur pardonne aisément, Espérant à son tour un pareil traitement : Le pire des états , c'est l'état populaire.

CORNEILLE. CilUia, act. II, SC. ire.

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