‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 397 sur 649 · LE TRONE DE NEIGE · texte numérisé non relu

LE TRONE DE NEIGE

Qui n'aime à voir folâtrer des enfants? On se croit de leur âge. 0 douce jouissance De pouvoir quelquefois se rappeler ce temps Si regretté, bien qu'il ait ses tourments! Un rien suilit pour amuser l'enfance; Mais dans ses jeux, plus qu'on ne pense, S'introduisent déjà les passions des grands. Un jour, échappés du collège, Des écoliers d'onze à douze ans Aperçurent un las de neige..

Le plus âgé, qu'on avait nommé roi, Dit que de son pouvoir il en faisait le siège.

Le trône enfin ; et le cortège

Donne à ce vœu force de loi.

Le trône était froid comme glace;

N'importe , avec plaisir s'y place

Cette éphémère majesté.

On s'enivre de la puissance...

Peut-on impunément avoir l'autorité?

Chez notre prince l'insolence

Surpasse encor la dureté : - Des malheureux sujets la moindre négligence

Est réprimée avec sévérité.

De Tarquin le Superbe il avait l'arrogance , Et de Néron , plus tard , selon toute apparence,

Il aurait eu la cruauté.

Pourtant le soleil le dérange :

Le trône, qui se fond d'une manière étrange,

Avant la fin du jour s'abat...

Bientôt l'orgueilleux potentat...

Se voit au milieu de la fange.

Redoutez un destin pareil , Vous que la fortune protège :

Vous êtes sur un tas de neige....

Gare le rayon du soleil !

DE STASSART, liv. V, fui). 10.

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