LE DIEU DU GOUT
Je vis ce dieu qu'en vain j'implore, Ce dieu charmant que l'on ignore Quand on cherche à le définir; Ce dieu qu'on ne sait point servir Quand avec scrupule on l'adore; Une la Fontaine fait sentir, Et que Vadius cherche encore.
Il se plaisait à consulter Ces grâces simples et naïves Dont la France doit se vanter; Ces grâces piquantes et vives , Que les nations attentives Voulurent souvent imiter; Qui de l'art ne sont point captives, Qui régnaient jadis à la cour, Et que la nature et l'amour Avaient fait naître sur nos rives.
Il est toujours environné D'une troupe tendre et légère; C'est par leurs mains qu'il est orné, C'est par leur charme qu'il sait plaire; Elles-mêmes l'ont couronné D'un diadème qu'au Parnasse Composa jadis Apollon Du laurier du divin Maron , Du lierre et du myrte d'Horace, El des roses d'Anacréon.
VOLTAU.F.