‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 424 sur 649 · LE PALAIS DES DESTINS · texte numérisé non relu

LE PALAIS DES DESTINS

LeTemps, d'une aile prompte etd'unvollnsensible Fuit et revient sans cesse à ce palais terrible; Et de là sur la terre il verse à pleines mains Et les biens et les maux destinés aux humains. | Sur un autel de fer un livre inexplicable ! Contient de l'avenir l'histoire irrévocable. La main de l'Éternel y marqua nos désirs, Et nos chagrins cruels, et nos faibles plaisirs. On voit la Liberté, cette esclave si fière, Par d'invisibles nœuds en ces lieux prisonnière; Sous un joug inconnu, que rien ne peut briser, Dieu sait l'assujettir sans la tyranniser; A ses suprêmes lois d'autant mieux attachée, Que sa chaîne à ses yeux pour jamais est cachée; Qu'en obéissant même elle agit par son choix Et souvent au destin pense donner des lois.

LE mêmi:. JJenriade, ch. vu.

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Loin de la sphère où grondent les orages , Loin des soleils, par delà tous les cieux , S'est élevé cet édifice affreux Qui se soutient sur le gouffre des âges. D'un triple airain tous les murs sont couverts ; Et, sur leurs gonds quand les portes mugissent. Du temple alors les bases retentissent; Le bruit pénètre, et s'entend aux enfers. Les vœux secrets , les prières , la plainte, Et notre encens, détrempé de nos pleurs, Viennent, hélas ! comme autant de vapeurs, Se dissiper autour de cette enceinte.

Là, tout est sourd à l'accent des douleurs; Multipliés en échos formidables, Nos cris en vain montent jusqu'à ce lieu : Ces cris perçants et ces voix lamentables N'arrivent point aux oreilles du dieu.

A ses regards un bronze incorruptible Olfre en un point l'avenir ramassé ; L'urne des sorts est dans sa main terrible; L'axe des temps pour lui seul est fixé. Sous une voûte où l'acier étincelle Est enfoncé le trône du Destin , Triste barrière et limite éternelle, Inaccessible à tout effort humain; Morne, immobile, et dans soi recueillie, C'est de ce lieu que la Nécessité, Toujours sévère et toujours obéie , i Lève sur nous son sceptre ensanglanté, Ouvre l'abîme où disparaît la vie, D'un bras de fer courbe le front des rois. Tient sous ses pieds la terre assujettie. Et dit au Temps : Exécute mes lois 1

LE TEMPLE ET LE TRONE DE l/OPINtON

Autrefois la Justice et la Vérité nues, Chezlespremiershiunainsfuienllonglempsconn3«t. Elles régnaient en sœurs; mais on sait que depuis L'une a fui dans le ciel , et l'autre dans un puits. La vaine Opinion règne sur tous les âges: Son temple est dans les airs, porté sur les nuages, l Une foule de dieux, de démons, de lutins.

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Sont au pied de son trône, et, lenantdansleursmains Mille riens enfantés par un pouvoir magique, Nous les montrent de loin sous des verres d'optique. Autour d'eux, nos vertus, nos biens, nos maux divers, En boules de savon sont épars dans les airs, Et le souffle des vents y promène sans cesse De climats en climats le temple et la déesse: Elle fuit et revient; elle place un mortel, Hier sur un bûcher, demain sur un autel.

rulhière. Les Disputes.

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