LA TRAGÉDIE
D'un génie imposant la sombre majesté, Triste, et le front couvert d'un voile ensanglanté. Apparut en traînant des ornements funèbres. Sa redoutable voix évoqua des ténèbres Ces antiques héros dont la mâle vigueur Des âges dégradés accuse la langueur.
Ils s'avancent. Le czar croit errer dans Athène; Il assiste aux conseils de la grandeur romaine. « 0 César! 0 Pompée! Est-ce vous que j'entends?
j Horace, avec respect je vois tes cheveux blancs.
j Oh ! dans ta noble erreur, accents dignes de Rome!
i Paternelle fureur, et courroux d'un grand homme ! Oui , mon cœur, je le sens , eût pensé comme toi. i
I A son lâche assassin ici pardonne un roi.
! Par l'auguste malheur la vertu consacrée Lève du sein des fers une tête adorée. Des spectres menaçants vengent d'illustres morts, Et le crime éperdu fuit devant les remords.
L'Amour, l'Amour aussi redemande des larmes. Que de malheurs cruels empoisonnent ses charmes Ce n'est plus cet Amour de myrte couronné : De poignards, de poisons, il marche environné. Un peuple épouvanté goûte un plaisir austère ; Tantôt, dans une horreur muette et solitaire, Il palpite; tantôt des transports ravissants S'exhalent de son sein en rapides accents. Dans une seule voix, mille voix se confondent; Tous les sens sont émus, tous les cœurs se répondent; Les passions , errant sur ce peuple assemblé , Offrent les vastes flots d'un océan troublé , Qui frémit et qui gronde, et roule sur lui-même; Mais à leur mouvement préside un art suprême. Leur utile tempête , en agitant les cœurs , Souffle le germe heureux des vertus et des mœurs, On pleure l'infortune, on déteste les crimes, Et des plaisirs touchants sont des leçons sublimes. Le monarque étonné s'instruit en s'effrayant.
thomas. Pélrêide.
- Iladnc. (N. E.J
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