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LES INSECTES

A nos yeux attentifs que le spectacle change : ! Retournons sur la terre , où , jusque dans la fange , ! L'insecte nous appelle, et, certain de son prix ,

Ose nous demander raison de nos mépris.

Plus l'auteur s'est caché , plus il est admirable. I De secrètes beautés quel amas innombrable!

• ingénies animos angusto in corpore versant.

vinc, Georg., liv. IV- « L'hirondelle, (n. f..) s D'après les règles trc la grammaire , il faxidrait ri les

pend. in. E.)

4 il parait que Delille veut p.nler ici de certaines espèces do mésanges, comme le Pelil-Deuil , la Penduline, te Reniez.

s Voyez dans le morceau prccijdcnt. (N. E) ^

OU PIIILOSOÏ'IIIE PRATIQUE

Quoiqu'un fier éléphant, malgré l'énorme tour Qui de son vaste dos me cache le contour, S'avance sans ployer sous ce bois qu'il méprise, Je ne t'admire pas avec moins de surprise, Toi qui vis dans la boue, et traînes ta prison, Toi que souvent ma haine écrase avec raison; Toi-même , insecte impur, quand lu me développe Les étonnants ressorts de les longs télescopes ', Oui , toi , lorsqu'à mes yeux lu présentes les tiens, Qu'élèvent par degrés leurs mobiles soutiens, C'est dans un faible objet, imperceptible ouvrage, Que l'art de l'ouvrier me trappe davantage.

Dans un champ de blés mûrs,tout un peuple pruden t Rassemble pour l'Etat un trésor abondant : Fatigués du butin qu'ils traînent avec peine, De faibles voyageurs arrivent sans haleine A leurs greniers publics, immenses souterrains, Où par eux en monceaux sont élevés ces grains Dont le père commun de tous tant que nous sommes Nourrit également les fourmis et les hommes. Et tous, nourris par lui, nous passons sans retour, Tandis qu'une chenille est rappelée au jour.

De l'empire de l'air cet habitant volage , Qui porte à tant de fleurs son inconstant hommage, Et leur ravit un suc qui n'était pas pour lui , Chez ses frères rampants, qu'il méprise aujourd'hui, Sur la terre autrefois traînant sa vie obscure, Semblait vouloir cacher sa honteuse figure.

i Mais les temps sonlchangés, sa mort fut un sommeil ;

I On le vit plein de gloire à son brillant réveil , Laissant dans le tombeau sa dépouille grossière , Par un sublime essor voler vers la lumière.

0 ver, à qui je dois mes nobles vêtements 2, De tes travaux si courts que les fruits sont charmants! N'est-ce donc que pour moi que tu reçois la vie? Ton ouvrage achevé, ta carrière est finie : Tu laisses de ton art des héritiers nombreux, Qui ne verront jamais leur père malheureux. Je le plains et j'ai dû parler de les merveilles ; Mais ce n'est qu'à Virgile à chanter les abeilles. racine le Ills. La Religion.

Le roi pour qui sont faits tant de biens précieux , L'homme élève un front noble et regarde les cieux ; Ce front, vaste théâtre où l'âme se déploie, Est tantôt éclairé des rayons de la joie, Tantôt enveloppé du chagrin ténébreux.

L'amitié tendre et vive y fait briller ces feux Qu'en vain veut imiter, dans son zèle perfide , La trahison que suit l'envie au teint livide. Un mot y fait rougir la timide pudeur; Le mépris y réside ainsi que la candeur ; Le modeste respect, l'imprudente colère, La crainte e\ la pâleur, sa compagne ordinaire, Qui, dans tous les périls funestes à mes jours , Plus prompte que ma voix appelle du secours.

A me servir aussi cette voix empressée, Loin de moi , quand je veux , va porter ma pensée ; Messagère de l'âme, interprète du cœur, De la société je lui dois la douceur.

ILCliiiiagon.

: i,c 40 i soie. Voyez dans les descriptions en vers. »

s Voyez, 1"' partie, Tableaux.

Quelle foule d'objets l'œil réunit ensemble! Que de rayons épars ce cercle étroit rassemble! Tout s'y peint tour à tour. Le mobile tableau Frappe un nerf qui l'élève, et le porte au cerveau. D'innombrables filets, ciel! quel tissu fragile! Cependant ma mémoire en a fait son asile, Et tient dans un dépôt fidèle et précieux Tout ce que m'ont appris mes oreilles, mes yeux : Elle y peut à toute heure et remettre et reprendre, M'y garder mes trésors, exacte à me les rendre. Là ces esprits subtils, toujours prêts à partir, Attendent le signal qui les doit avertir, Mon âme les envoie; et, ministres dociles, Je les sens répandus dans mes membres agiles : A peine ai-je parlé qu'ilssoni accourus tous. Invisibles sujets, quel chemin prenez-vous?

Mais qui donne à mon sang cette ardeur salutaire^ Sans mon ordre il nourrit ma chaleur nécessaire. D'un mouvement égal il agite mon cœur, Dans ce centre fécond il forme sa liqueur : Il vient me réchauffer par sa rapide course : Plus tranquille et plus froid , il remonte à sa sour Et toujours s'épuisant se ranime toujours. Les portes des canaux destinés à son cours Ouvrent à son entrée une libre carrière, Prêtes, s'il reculait, d'opposer leur barrière. Est-ce moi qui préside au maintien de ces lois? Et pour les établir ai-je donné ma voix? Je les connais à peine; une attentive adresse Tous les jours m'en découvre et l'ordre et la sages De cet ordre secret reconnaissons l'auteur : Fut-il jamais de lois sans un législateur3.

LE MÊME. Ibitt.

MiSÈRE DE L'HOMME.

L'homme né de la femme a peu d'instants à vivre, Ses jours sont des jours de douleur ; Il fuit comme l'éclair, tombe comme la fleur; C'est une ombre qui passe et que l'œil ne peut suivre, Et c'est sur lui , fantôme d'un moment, Que ton regard, grand Dieu! daigne descendre; C'est à lui que tu fais entendre Ton redoutable jugement.

Qui peut épurer dans sa course Un fleuve empoisonné, corrompu dès sa source''

Tu règles son avenir, Si tu tiens dans tes mains ses tristes destinées ,

Si tu prescris à ses années Un terme que jamais elles n'ont pu franchir, Permets du moins que l'homme, accablé de misère, Ait son jour de repos, comme le mercenaire.

L'arbre qu'on a coupé ne meurt pas sans retour; En lui sommeille encor le germe de la vie,

Et nos yeux le verront un jour Parer de rejetons sa souche rajeunie.

Quand sa racine aurait dormi longtemps Dans les entrailles de la terre ; Quand son tronc , séché par les vents, N'olfrirait qu'un cadavre éteint par la poussière, Si l'onde rafraîchit ses restes languissants, Il se ranime, et bientôt le printemps Lui rend sa jeunesse première, Et d'un riche feuillage orne sa tète allière.

Mais lorsque de la mort l'homme a franchi le seuil,

MORALE RELIGIEUSE

Que devient-il au delà du cercueil?

Comme l'eau du torrent, et plus rapide, il passe; ili passe, et laisse à peine un léger souvenir : Tant que l'astre des cieux roulera dans l'espace,

Son sommeil ne doit point finir.

Dieu! que ne daignes-tu, suspendant ta vengeance,

Me plonger dans ce long sommeil , Et fixer à la lois l'heure de la clémence,

Et le moment de mon réveil !

Quand l'homme aura fourni sa course passagère, Verra-t-il, affranchi de tout lien mortel,

Apparaître un jour éternel?

Après tant de combats soutenus sur la terre, J'attends cet avenir que l'innocence espère. Tu m'appelles, Seigneur, je réponds à ta voix ; Viens, ouvre-moi tes bras ; ma vie est ton ouvrage. Aujourd'hui suppliant , criminel autrefois, Mes maux ont expié les fautes d'un autre âge; Ferme à jamais le livre où fut inscrit l'outrage

Que j'ai fait à tes saintes lois.

Le temps, des monts altiers a renversé la cime :

Le roc vieilli s'affaisse et roule dans l'abîme;

Les eaux creusent la pierre, et, par de lents efforts,

La mer enfin parvient à conquérir ses bords ;

Ainsi tu détruis l'homme; ainsi tes mains à peine

Paraissent l'affermir dans sa marche incertaine,

Que le sol des vivants le rejette à jamais.

Tu flétris son visage et tu changes ses traits;

Que dis-je? ta rigueur le chasse de la vie.

Que ses fils soient couverts de gloire ou d'infamie,

Séparé des mortels, abandonné des siens,

Il ne partagera ni leurs maux ni leurs biens.

Ici-bas quel espoir sourit à sa misère?

Tant qu'il respire, hélas! il ne fait que gémir.

Le ciel a condamné, dans sa loi de colère,

Son âme à soupirer et son corps à souffrir.

levavasseur. Traduction du livre de Job, ch/xiv.

nARMONIE DU MONDE PHYSIQUE.

De l'univers entier contemple les accords, Pour les dons de l'esprit et pour les dons du corps ! Observe avec quel art Dieu de sa main féconde Distribua les rangs et nuança le monde, Depuis l'homme, ce roi si fier de sa raison , Jusqu'à l'insecte vil qui peuple le gazon. Le jour est pour la taupe un crépuscule sombre, A l'œil perçant du lynx la nuit même est sans ombre; Le chien poursuit sa proie, averti par l'odeur; La lionne, au bruit seul s'élance avec ardeur : Le poisson est sans voix et presque sans oreille, Taudis que l'oiseau chante, et qu'un zéphyr l'éveille. Quelle gradation des mêmes facultés Occupe le milieu de ces extrémités !

Comme elle croît, décroît, et s'élève et s'abaisse! De l'agile Arachné combien j'aime l'adresse! Que ses doigts sont légers! que son tact est subtil! Elle sent chaque souille et vit dans chaque fil. Admire avec quel art l'abeille sait extraire D'une herbe empoisonnée un onguent salutaire! Compare au vil pourceau, stupidement glouton,

i impies fameux dont parlent Viigiie U d'autres poètes ficit'iis. (n. e.)

L'éléphant , dont l'instinct est presque la raison. A la fière raison combien l'instinct ressemble! Mémoire, jugement, quel nœud vous joint ensemble : De sentir à penser qu'il est peu de degré? ' Ainsi , toujours voisins , mais toujours séparés, Les êtres sont placés à leur juste distance; Leur inégalité produit leur dépendance.

Tous soumis l'un à l'autre, et tous soumis à nous, Chacun d'eux a ses dons, la raison les vaut tous. delillb. Trad. de V Essai sur l'Homme.

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