BOIS ET SUJETS
Le premier qui du sceptre exerça la puissance
t'avait que ses enfants sous son obéissance. es enfants, à leur tour, dans ce chef révéré
Obéissaient à Dieu qui l'avait consacré.
Dans ces nœuds que forma la sagesse divine,
Du vrai gouvernement nous trouvons l'origine :
Sur l'intérêt commun ses titres sont fondés.
Vous que régit un maître , et vous qui commandez,
Conservez à jamais de si doux caractères :
Rois, voilà vos enfants! sujets, voilà vos pères! Ce sont là les pasteurs, ce sont les souverains
A qui le Roi des rois conûa les humains.
Ils régnent comme lui par l'amour et la crainte;
Il les a couronnés de sa majesté sainte;
Ils tiennent de lui seul l'empire des mortels.
Images du Très-Haut, vengeurs de ses autels,
Il dépose en leurs mains sa balance et sa foudre, | Et le droit de juger, de punir et d'absoudre.
Mais dans ce rang divin dont ils sont revêtus, i Qu'ils trouvent de devoirs, et qu'il faut de vertus !
Un monarque pieux n'en sera que plus juste :
Mieux qu'un autre il remplit son ministère auguste.
De la Religion la Justice est la sœur ;
Dieu la donne en partage aux rois selon son cœur.
Assise en leurs conseils, qu'elle seule y décidé;
Que le pauvre, la veuve et l'orpheliu timide, ! Sans terreur et sans honte approchent de ce lieu : ! Le palais d'un roi juste est le temple de Dieu. ' Sa bouche en est l'organe , et sa voix son oracle ; ! La vérité' lui parle, et ne craint point d'obstacle :
Il l'écoute, il l'honore; et, par un seul regard,
Du mensonge perfide il déconcerte l'art.