‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 528 sur 649 · CG · texte numérisé non relu

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De ce qu'on crut pompeux sur noire triste terre Comme il voit en pitié les trompeuses splendeurs!

Du plus haut des deux élancée,

Sa vaste et sublime pensée Redescend , et s'assied sur les bords d'un cercueil : Et là, dans la muette et commune poussière,

D'une voix redoutable et tière ,

Des rois il terrasse l'orgueil.

Castillan! si lier de tes armes, Quoi! tu fuis aux champs de Rocroi?

Ton intrépide cœur, étranger aux alarmes,

Vient donc aussi d'apprendre à connaître l'effroi ! Quel précoce amant de la gloire, Dans ses yeux portant la victoire ,

Rompt tes vieux bataillons jusqu'alors si vaillants;

Et de tant de soldats, en ce combat funeste, Laisse à peine échapper un reste Qu'il promet aux plaines de Lens *.

C'est Condé , qui dans la carrière

Entre pour la première fois; C'est lui dont Bossuet peint la fougue guerrière, Couronnée à vingt ans par les plus hauts exploits.

Oh! comme l'orateur s'enflamme!

Du jeune Enghien à la grande âme Comme il suit tous les pas de carnage fumants ! Ce n'est plus un tableau, c'est la bataille même,

Bossuet, dont ton art suprême

Reproduit tous les mouvements.

Comme une aigle aux ailes immenses,

Agile habitante des deux, Franchit, en un instant, les plus vastes distances, Parcourt tout de son vol et voit tout de ses yeux;

Tel , à son gré changeant de place ,

Bossuet à notre œil retrace Sparte, Athènes, Memphis aux destins éclatants; Tel il passe , escorté de leurs grandes images ,

Avec la majesté des âges,

Et la rapidité du temps '-.

Oui, s'il parut jamais sublime,

C'est lorsqu'armé de son flambeau , Interprète inspiré des siècles qu'il ranime, Des Etats écroulés il sonde le tombeau.

C'est lorsqu'en .sa douleur profonde ,

Pour fermer le convoi du monde , 11 scelle le cercueil de l'empire romain ; Et qu'il élève alors ses accents prophétiques

A travers les débris antiques

Et la poudre du genre humain!

ciiênedollé. Études poétiques.

Vils tyrans qui teniez l'univers en enfance, Fuyez, Descaries naît, et le doute avec lui; La méthode le suit, la vérité s'avance; Sur une base enfin j'aperçois l'évidence. Descartes l'y plaça. Cieux, terres, éléments, Et la matière et l'âme, et l'espace et le temps,

'Oraison funèbre du grand Coudé. (IN. E.) 2 Discours «ur l'histoire universelle, troisième partie, intitulée : Les empires.

CARACTÈRES OU PORTRAITS

Descartes soumet tout à son puissant génie;

Tout s'épure au creuset de la philosophie.

Du centre de la terre à la voûte des cieux

Rien ne peut arrêter cet aigle audacieux;

Il franchit la nature. Ainsi les dieux d'Homère

Touchent en un clin d'œil l'un et l'autre hémisphère.

Descartes s'égara dans ce vaste contour :

On l'a dit, je le sais; mais dans son vol sublime

Il a mis un fanal sur les bords de l'abîme;

Il a guidé Newton , qui nous guide à son tour.

Loin d'un monde frivole et de son vain fracas, De tous les vils pensers qui rampent ici-bas, Dans cette vaste mer de feux étincelanle, Devant qui notre esprit recule d'épouvante, Newton plonge, il poursuit, il atteint les grands corps. Qui, jusqu'à lui, sans lois, sans règles, sans accords, Roulaient désordonnés sous les voûtes profondes : De ces brillants chaos Newton a fait des mondes; Atlas de tous ces cieux qui reposent sur lui , Il les fait l'un de l'autre et la jrègle et l'appui ; Il fixe leurs grandeurs, leurs masses, leurs distances. C'est en vain qu'égarée en ces déserts immenses , La comète espérait échapper à ses yeux; Fixes et vagabonds, il poursuit tous ces feux Qui, suivant de leur cours l'incroyable vitesse, Sans cesse s'attirant, se repoussant sans cesse, Et par deux mouvements, mais par la même loi, Roulent tous l'un sur l'autre, et chacun d'eux sur soi. 0 pouvoir du génie et d'une âme divine! Ce que Dieu seul a fait, Newton seul l'imagine; Et chaque astre répète , en proclamant leur nom : Gloire au Dieu qui créa les mondes et Newton 3 ! delille. L'Imagination.

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