LE MONDE
Combien ce tourbillon qu'on appelle le monde, En travers, en erreurs, en misères abonde' La tristesse s'y joint à la frivolité.
Qu'entend-on, que voit-on dans ce monde vanté? Des folles de sang-froid, des prudes infidèles; Des hommes moins sensés, plus faux, plus femmes D'eux-mêmes fatigués etremplîs tourà tour; [qu'elles, Des esprits sans esprit, des amours sans amour; Des jeux sans agrément, de longs soupirs sans joie ; Pas-un seul entretien où l'âme se déploie : On s'y cache partout sous des airs de grandeur; Politesse d'esprit et bassesse de cœur, Ris faux, amitié feinte, estime contrefaite, Voilà de ce beau monde une image parfaite. L'ennui des compliments, la formule du jour,
Les plaisants de la ville et les sots de la cour5
Les propos décousus, les phrases mesurées,
Les brillants tourbillons de fêtes préparées,
Cette diversité de frivoles plaisirs ,
Ces Dots tumultueux de projets, de désirs,
Ce chaos agité d'intrigues et d'affaires,
Ce choc rapide et prompt d'événements contraires,
L'étude, la contrainte où sans cesse l'on est,
Tout y porte au dégoût, et rien n'y satisfait.
Quelle vie à la longue est plus laborieuse?
desmauis. L'Honnête Homme, act. n, se. il
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