SOCIÉTÉS DE PARIS
.... Paris! il m'ennuie à la mort, Et je ne vous fais pas un fort grand sacrifice En m'éloignant d'un monde à qui je rends justice. Tout ce qu'on est forcé d'y voir et d'endurer Passe bien l'agrément qu'on y peut rencontrer. Trouver à chaque pas des gens insupportables, Des -flatteurs, des valets, des plaisants détestables, Des jeunes gens d'un ton, d'une stupidité!... Des femmes d'un caprice, et d'une fausseté!... Des prétendus esprits souffrir la suffisance, Et la grosse gaîté de l'épaisse opulence; Tant de petits talents où je n'ai pas de foi; Des réputations on ne sait pas pourquoi; Des protégés si bas! des protecteurs si bêtes!... Des ouvrages vantés qui n'ont ni pieds ni têtes; Faire des soupers fins où l'on péril d'ennui; Veiller par air; enfin, se tuer pour autrui! Franchement des plaisirs, des biens de cette sorte Ne sont pas, quand on pense, une chaîne bien forte; Et, pour vous parler vrai, je trouve plus sensé Un homme sans projets, dans sa terre fixé, Qui n'est ni complaisant, ni valet de personne, Quetous ces gens brillants qu'on mange,qu'on friponne Qui, pour vivre à Paris avec l'air d'être heureux, Au fond n'y sont pas moins ennuyés qu'ennuyeux. le même, ibid-, act. II.