VAUVENARGUES
Vivre dans l'embarras , c'est vivre à la hâte : le repos allonge la vie. Le monde nous dérobe à nous-mêmes, et la solitude nous y rend. Le monde n'est qu'une troupe de fugitifs d'eux-mêmes.
Mme DE LAMBBUT.
Une des premières vertus sociales est de tolérer dans les autres ce qu'on doit s'interdire à soimême.
Les grands qui écartent les hommes à force de politesse sans bonté , ne sont bons qu'à être écartés eux-mêmes à force de respect sans attachement.
Les âmes sensibles ont plus d'existence que les autres.
L'orgueil fait faire autant de bassesses que l'intérêt.
Le peuple doit être le favori d'un roi.
Quand on court après l'esprit, on attrape la sottise.
Une belle action est celle qui a de la bonté , et qui demande de la force pour la faire.
La raillerie est un discours en faveur de son esprit contre son bon naimcl.
MONTESQUIEU
Le plus grand secret pour le bonheur, c'est d'être bien avec soi. Naturellement tous les accidents fâcheux qui viennent du dehors nous rejettent vers nous-mêmes ; et il est bon d'y avoir uneretraite agréable ; maiselle ne peut l'être si elle n'y a été préparée par les mains de la vertu.
I est plus aisé de s'abstenir que de se con-
L'amour-propre est flatté des hommages , l'orgueil s'en passe , la vanité les publie.
La justice épargne bien de la peine à l'esprit.
MEILIIAN.
On fausse son esprit, sa conscience, sa raison, comme on gâte son estomac.
L'ambition prend aux petites âmes plus facilement qu'aux grandes , comme le feu prend plus aisément aux chaumières qu'aux palais.
Dans les grandes choses, les hommes se montrent comme il leur convient de se montrer ; dans les petites , ils se montrent comme ils sont.
La générosité n'est rçue la pitié des âmes nobles.
L'énergie de l'âme s'endort dans les vagues rêveries de l'espérance ; le travail actuel pèse à celui qui croit pouvoir se reposer sur l'avenir ; mais que tout à coup la perspective du bonheur se ferme devant lui , il recueille toutes ses forces dans le moment présent , et , appuyé sur son malheur, s'élance à de nouvelles destinées.
La nature humaine est si faible que les hommes honnêtes qui n'ont pas de religion me font frémir avec leur périlleuse vertu , comme les danseurs de corde avec leurs dangereux équilibres.
Un cœur parfaitement droit n'admet pas plus d'accommodement en morale qu'une oreille juste n'en admet en musique.