‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 76 sur 649 · LES FEUILLES · texte numérisé non relu

LES FEUILLES

La racine étant presque toujours dérobée aux regards , on peut dire que le feuillage donne seul un caractère à la plante. 11 croît avec elle ; il la dirige dans les airs où il protège de son abri les tendres rameaux. Chargé de fonctions absorbantes et sécréloires , il est à la fois le pourvoyeur et l'ornement de la tige à laquelle il communique son balancement onduleux. Aussi quelle prévoyance dans le bouton qui le contient !

Celui-ci, formé dans l'aisselle d'une feuille qui le nourrit et l'enveloppe de son pétiole , ne présente d'abord qu'un point presque imperceptible. Il croît graduellement et se montre d'une manière plus distincte aux approches de l'hiver , époque à laquelle les frimas lui enlèvent sa protectrice. Mais, si ce secours lui manque, c'est qu'il est déjà pourvu des pellicules et des gommes sous lesquelles il peut braver impunément la rude saison. C'est donc dans cet espace étroit que, plies selon leurs formes, les divers feuillages attendent le printemps. A peine le soleil de mars j a réchauffé la terre, qu'on les voit, de toutes parts, abandonner, déchirer, ou chasser les luniques qui leur ont servi de berceau. Les arbres j se coiffent de vertes chevelures , sous lesquelles leurs fronts cannelés se rajeunissent. Variées dans leur port comme dans leurs teintes, elles se grou-' pent, se divisent, s'étalent ou flottent avec grâce. Tantôt agréables pendentifs, elles s'arquent et retombent en guirlandes ; tantôt moins modestes, elles s'élèvent à la manière de faisceaux , de gerbes ou d'obélisques. Ici c'est une flèche que l'on décoche ; là c'est une touffe azurée qui se marie élégamment à l'horizon. Des feuilles innombrables se sont tout à coup étendues dans les airs, pareilles à l'épée qui sort du fourreau, à l'éventail que l'on déplisse , ou à la pièce d'étoffe que l'on déroule. Peu de jours viennent de s'écouler, et les bosquets se sont si bien enlacés, l'ombre s'est tellement épaissie , que l'on sérail tenté de demander où donc avaient été mises en

de l'empereur Napoléon et de l'impératrice Marie-Louise Les deux princesses qui y périrent sont la princesse d; Seuwartzenberg et la princesse de L'eyen. (N. E-)

réserve ces riches et fraîches tentures , dont s'est naré dans un instant le séjour de la race humaine.

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