‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 8 sur 649 · SEIZIEME SIECLE · texte numérisé non relu

SEIZIEME SIECLE

Jn esprit de réforme universelle s «tait emparé de l'Europe à la lin du règne de Louis XII. Ce fut d'abord contre le catholicisme qu'il se dirigea. Le protestantisme naissait en Allemagne, Henri V11I allait le faire monter sur le trône d'Angleterre. Il s'était déjà glissé au cœur de la France. Il en était la pensée dominante ; un rapide coup d'œil jeté sur l'histoire, le théâtre, la littérature de celte époque suffit pour s'en convaincre. La grande majorité des écrivains de ce temps, Henri Etienne, Rabelais, Marot, Pasquier, Montaigne, tournent au protestantisme et au scepticisme. Les écritures et les croyances fondamentales sont généralement respectées, mais toutes les plumes, sérieuses ou plaisantes, semblent uniquement dirigées contre les corporations religieuses, la discipline de l'Église et la plupart de ses dogmes. 11 fallut la main de François Ier armée du glaive de l'inquisition et plus tard l'cspingole de Charles IX, pour arrêter celte tendance qui ne succomba que sous le despotisme deRichelieu etla force morale de Louis XIV. Mais quand le besoin d'innover s'est une fois emparé des âmes, repoussé sur un point, il s'élance sur un autre , et toutes les institutions , - tous les systèmes religieux, politiques, littéraires sont tour à tour attaqués et abandonnés; les idées et les hommes luttent, combattent, succombent, se relèvent, jusqu'à ce qu'enfin une grande pensée domine le chaos, et qu'à l'époque de criticisme succède une époque d'organisme. Car ces deux mots, dans leur acception nouvelle, peignent bien ces états de malaise et de repos successifs qui se partagent la vie des nations. Le seizième siècle tout entier est une époque critique.

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