‹ Leçons orales de clinique chirurgicaleChapitre 70 sur 84 · MEMBRE INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

MEMBRE INFÉRIEUR

A. Fractures du pied.

On se comporte ici comme pour les lésions de continuité des os de la main. On applique d’abord un linge sec sur la peau; on garnit ensuite le creux antéro-externe delà région dorsale et l’excavation postéro-interne de la plante du pied, à l'aide de quelques compresses graduées et de plaques de carton. Cela fait, on place par-dessus, en commençant par les orteils, deux ou trois plans de bandage roulé, imbibé de dextrine, que l’on a soin de prolonger jusqu’au tiers inférieur de la jambe.

B. Fractures de la jambe.

1° Fractures des deux os. — Dans les fractures complètes de la jambe, M. Velpeau procède de la manière suivante : sur le linge sec qui doit se trouver immédiatement en contact avec la peau est appliqué un plan de bandage roulé imbibé de dextrine, s’étendant depuis les orteils jusqu’au-dessus du genou. Par-dessus ce premier plan, il place une longue compresse graduée, également imbibée de dextrine, sur la fosse inter-osseuse antérieure, et en applique une autre sur chaque côté du tendon d’Achille et derrière les malléoles; il remplace assez souvent ces compresses par trois plaques de carton mouillé, une en arrière et une de chaque côté. Cela fait, il applique par-dessus un second et un troisième plan de bandage roulé, et l’appareil se trouve complet. Si la direction des parties ne paraît pas convenable, il la rétablit à mesure que le bandage se dessèche. Lorsque la coaptation est parfaite, il applique quelquefois par-dessus l’appareil deux attelles en bois qu’il laisse en place jusqu’à ce que le bandage soit complètement sec.

2° Fractures du tibia. — On sait que les solutions de continuité du tibia seul ne sont presque jamais accompagnées de déplacement selon la longueur de l’os; aussi l’appareil qu’elles réclament est plus simple que pour les fractures complètes de la jambe. Dans la plupart des cas, M. Velpeau se borne à appliquer sur le linge sec qui doit envelopper le membre trois plans de bandage roulé imbibé de dextrine, s’étendant depuis les orteils jusqu’au-dessus du genou.

5° Fractures du péroné. — Les solutions de continuité du péroné ont été divisées en trois classes principales : fractures des trois quarts supérieurs de cet os; fractures de la malléole externe; fractures du quart inférieur ou sus-malléolaires. Les premières et les secondes ne réclament que le bandage roulé simple avec la bande imbibée de dextrine, comme je viens de l’indiquer pour les fractures du tibia seul. Mais les fractures dites sus-malléolaires exigent plus de précaution. On sait que ce sont celles-là qui ont sans contredit le plus occupé les chirurgiens. Le pied étant fortement relevé et porté en dedans par l’aide qui fait l’extension, le chirurgien, après avoir enveloppé le membre d’un linge fin et sec, applique sur la fosse inter-osseuse antérieure, sur les côtés du tendon d’Achille, et derrière les malléoles, des compresses graduées, qu’il recouvre ensuite de deux ou trois plans du bandage roulé dextriné. Ce bandage doit s’étendre depuis la racine des orteils jusqu’au genou. Pour maintenir la position du pied en avant et en

APPLICATION DU BANDAGE DEXTRINÉ

dedans, on peut appliquer une attelle en bois jusqu’à la dessiccation complète du bandage. « On obtient ainsi, dit M. Velpeau, sans efforts et sans fatigue pour le malade, tous les avantages de l’appareil de Dupuytren, joints à ceux du bandage de Scultet, des attelles ordinaires et du bandage compressif. »

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