ARTICLE XXXV
TRAITEMENT DE LA GONORRHÉE
La gonorrhée est une maladie contre laquelle on a peut-être employé le plus d’agents thérapeutiques vantés tour à tour comme infaillibles. Il est facile d’en donner la raison. Chacun sait qu’une foule de gonorrhées disparaissent après un ou deux mois sans le moindre traitement ; on conçoit alors que des médicaments, dont l’action est très-faible, n’entraveront pas la guérison de la maladie. De là, ces réputations brillantes que des hommes peu exercés à l’observation ont faites à tel ou tel médicament.
Parmi les moyens employés, les uns sont généraux, internes ou indirects; d’autres sont locaux, externes ou directs. Nous ne nous occuperons, dans cette leçon, que des premiers, que je subdivise en deux classes distinctes : les uns sont des moyens doux, d’une action peu énergique; ce sont ceux-là surtout qu’on a beaucoup vantés, et, en vérité,
leur réputation était des plus faciles à faire. Les autres sont plus ou moins actifs; leurs effets sont plus ou moins prompts; aussi le charlatanisme n’at-il pas manqué de les exploiter. Ici se présentent, en première ligne, le copahu et le cubèbe, sur lesquelsje vais particulièrement fixer votre attention. Je range aussi dans cette dernière catégorie la poudre à canon, tant estimée par les militaires, et sur laquelle j’ai fait, en 1856, des expériences dont plusieurs de vous ont été témoins.
Dans la première classe nous trouvons la teinture d'iode, dont M. Broglia, chirurgien italien, a fait un si grand éloge. Je l’ai essayée sur cinq ou six sujets à l’hôpital de la Pitié, et je me suis convaincu que ce remède ne mérite en aucune façon les éloges du chirurgien italien; je n’ai pas cru de-
' O per. cit., t. I, p. 231.
TRAITEMENT DE LA GONORRHÉE