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des peuples a pour corollaire et pour limite la prédestination providentielle. Or, riîérédité morale, se trouvant en dehors de Thumanilé, est la forme la plus tangible de cette prédestination.
I^a première question qu'un historien consciencieux doit poser à tout état quelconque d'une civilisation, dès que cet état est proclamé comme existant, est celle-ci : D'où sors-tu et quels sont tes antécédents? Je saurai alors où tu vas. En effet, on n'a pas le droit d'introduire des inconnus ni des gens sans aveu et sans élat civil dans le palais, on peut bien dire dans le Temple de l'Histoire.
C'est cependant ce que certains archéologues ont prétendu faire à propos de l'art roman.
Ils nous ont mis en rapports avec des gens sur le passé desquels ils n'ont voulu prendre aucun renseignement.
On nous a présenté de louches suppôts de Rome et de l'Italie, et on a voulu nous faire adopter, comme nos véritables parents, des intrus ultramontains qui osaient s'asseoir à la table de famille et qui n'étaient pas autre chose que de faux ancêtres, que des majors de table d'hôte.
Il semble qu'en France on ait eu peur de trop bien connaître ses véritables ascendants.
Dans la crainte de découvrir quelque chose de peu flatteur pour la vanité latine, on n'a voulu faire aucune recherche et on s'est complu ît épaissir les ténèbres qui régnent sur les temps antérieurs à l'an mille.
On a peu compris le futur pour avoir voulu ignorer le passé.
I']xaminons les antécédents du milieu parisien, tel qu'il existait à l'époque qui nous occupe.
Analysons les souffles divers qui ont concouru à composer l'atmosphère morale et artiste qu'on respirait à Paris et dans l'île de France au commencement et pendant le cours du xi" siècle.
Dressons l'inventaire des substances rencontrées ou à rencontrer dans ce qui a été le bouillon de culture de l'art parisien au moment de la naissance de l'art moderne.
Premier élément : Vêlement celtique. — Cet élément, quelque certaine que puisse être son existence au point de vue ethnographique, est assez difficile à reconnaître, à lixer et à isoler pendant les sept premiers siècles de l'ère.
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Il se manifeste cependant dans une décoration expressive que les artisans gallo-romains donnent inconsciemment ou subrepticement aux parements des assises des édifices et aux parois des sarcophages. Les observations que j'ai faites à cet égard et qui portent sur tout le territoire de la Gaule, de l'Océan au Rhin, devraient, ne fût-ce que par analogie, être appliquées au périmètre de Paris et de l'Ile-de-France.
Vous verrez ce soir qu'ils sont directement applicables.
J'en ferai, dans la seconde partie de l'année, une étude spéciale où la question sera traitée d'ensemble.
Aujourd'hui, vous me croirez sur parole, sur simple indication et me ferez crédit pour la démonstration complète.
Vous ne perdrez rien pour attendre.
Les bijoux et les ustensiles gaulois trouvés à Paris ou dans Vll^-de France sont semblables à ceux des autres pi'ovinces où règne lart gaulois et la civilisation celtique avant la conquête.
Deuxième élément : le f/allo-ronutin ; Inrl païen de Rome. — Les Pansu subirent profondément, comme les autres peuples de la Gaule, la honte de la domination romaine avec le corollaire de sa civilisation anti-nationale et de son énervante prospérité.
Ce fut l'avilissement de la conscience celtique par la richesse et par l'argent.
Les traces de cette domination romaine sont très nombreuses à Paris.
L'île de la Cité, siège primitif de la ville gauloise, fut couverte de constructions romaines et de monuments exécutés par les vainqueurs ou par l'aristocratie des indigènes devenus leur complice. On ne peut pas toucher au sol de la cité sans rencontrer des substructions romaines.
Les preuves abondent :
Monuments et cippes découverts à Notre-Dame le 16 mars 1711, lorsqu'on creusa le caveau destiné à la sépulture des archevêques de Paris.
Ils sont conservés en partie au musée de Cluny. C'était l'œuvre des trois ordres déjà directeurs de la société politique, le clergé, la noblesse et la bourgeoisie, celte dernière représentée par les Nautœ parisiaci, les entrepreneurs du transport par eaux sur la
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Seine et par les chambres de commerce (au i**"" siècle de l'ère souâ Tibère) c'est-à-dire par ceux qu'on a appelés (voyez Guilhermy) les ancêtres directs de nos échevins d'autrefois et de notre conseil municipal.
Un grand édifice public était élevé sur remplacement actuel du Palais de Justice.
Puis, le centre parisien grandissant aveé l'influence romaine déborda sur la rive gauche de la Seine.
Thermes et palais de Julien où cet empereur fut proclamé en 360, Valentinien et Valens y passèrent l'hiver de 365.
Les Arènes de Paris situées sur le Mons Leucoticius, Elles ont été dernièrement retrouvées rue Monge.
\'oir dans V Itinéraire de Paris par Guilhermy un bon résumé de l'état romain et gallo-romain de Paris.
La romanisation de Paris et de l'Ile-de-France fut très grande et très profonde. Cependant, au point de vue de l'art, elle ne survécut pas à l'invasion des Barbares.
Tout disparut, dans l'esprit du peuple, sous l'alluvion chrétienne et de plus en plus orientale d'abord, puis sous l'alluvion franque, wisigothe et germanique.
Les tombeaux, les bijoux et les ouvrages d'orfèvrerie, les témoignages des arts usuels et populaires nous serviront à le prouver.
Les personnes qui n'ont pas assisté aux démonstrations produites ici, pendant la première année du cours, au sujet des sentiments d'horreur et de haine inspirés au monde chrétien par la civilisation antique, sont priées de relire Cassien et Salvien. Il y a des éditions à bon marché dans la Patrologie de Migne. Les monuments justifient et contrôlent les indications fournies par les textes sur l'orientation nouvelle des sentiments de la société et de l'esprit public.
« Et nous nous étonnons, disait Salvien {De Guhernatione Dei^ liv. IV), que Dieu ait livré nos provinces aux Barbares, quand leur pudeur puinfie la terre encore toute souillée des débauches romaines. »
Dès qu'on fut débarrassé enfin de la police romaine, dès qu'on fut délivré de la haute surveillance des gendarmes étrangers, dès qu'on eut vu disparaître le dernier des compères et des mouchards