‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 2)Chapitre 18 sur 140 · LKMÎMENT GAI.LU-ROMAIN · texte numérisé non relu

LKMÎMENT GAI.LU-ROMAIN

M. Roschach disait, dès 1865, dans son excellent catalogue du Musée de Toulouse : « Un temple, une habitation de plaisance artistenient décorée par la maiinificence d'un possesseur inconnu et peutêtre aussi un chantier permanent de marbrerie où l'on exploitait, pour les besoins de la plaine (bustes, tombes, cippes. autels votifs) les brèches blanches venues par eau des hautes vallées de la Garonne, tels paraissent être, jusqu'à ce jour, les seuls établissements antiques dont les fouilles de Martres ont constaté l'existence. » Voilà ce qui s'appelle avoir le tlair de l'archéologue.

Depuis, en 1889, M. Albert Lebègue, dans un article intitulé : Une école inédite de sculpture gallo-romaine \ est revenu sur les questions soulevées par les monuments sortis des fouilles de Martres- Tolosanes. Je crois que M. Lebègue a tort de refuser au dépôt de sculpture exhumé à Martres la qualité d'atelier si bien devinée et comprise par M. Uoschach ; mais il a tiré de ses recherches quelques très utiles et très intéressantes conclusions.

« On a retrouvé à Martres-Tolosanes, dit-il, les productions nombreuses d'une école gallo-romaine, imitée des anciens, sans être servile, entachée parfois de barbarie gauloise et s'efforçant ailleurs de s'élever jusqu'à la pureté grecque. On y distingue plusieurs styles et on pourrait la subdiviser en petites écoles. Ces œuvres sont en marbre du pays, presque toujours en marbre de Sost <p\x de Saint-Béat. » M. Lebègue remarque que ces sculptures se rapprochent par leurs qualités de certaines médailles exécutées en Gaule. « La même aventure, dit-il, est arrivée jadis aux premières médailles des empereurs gallo-romains, de Postumus à Tetricus (258-273), que l'on a découvertes. Les plus belles imitent le bon style ancien, quelquefois d'assez près et forment une série fort dilîérente des monnaies impériales qui précédèrent et qui suivirent. »

Il y eut donc en Gaule, sous Postumus, une renaissance artistique manifestée parles médailles et l'on peut tenir pour certain que la sculpture suivit cette heureuse impulsion. Quand l'état galloromain que cet empereur avait fondé s'absorba de nouveau dans l'unité impériale, les progrès de l'art monétaire furent naturellement entravés, mais rien ne prouve que la statuaire n'ait pas continué son évolution.

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