‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 2)Chapitre 31 sur 140 · De Vogïic, Le temple de Jérusalem, p. 66 et sui\antes · texte numérisé non relu

De Vogïic, Le temple de Jérusalem, p. 66 et sui\antes

2. Cf. De Saulcy, Histoire de l'art judaïque ; VioUet-le-Duc, Entretiens sur l'architecture ^6'= entretien); De Vogiié, Syrie centrale.

J40 l'art byzantin

byzantine et par conséquence la sculpture mérovingienne qui lui ressemble, tirèrent leur origine de Jérusalem et de la Judée, au moins comme inspiration, comme direction de goût.

Pour des observateurs superficiels, pour les personnes qui appliquent en érudition et en matière d'histoire de l'art l'interprétation judaïque, l'interprétation étroite et littérale, pour les personnes qui ne font pas appel à la comparaison, la vérité n'a pas été entrevue du premier coup. On a nié les rapports et les communications directes de l'Orient avec l'Occident, parce que les procédés de construction n'étaient pas les mêmes dans les deux contrées. Mais il faut réfléchir et on comprendra que c'est Vesprit de l'art oriental, le décor, la silhouette qui s'est communiquée de bonne heure à l'Occident, et que les moyens matériels, les procédés pratiques inhérents au personnel des ouvriers ont continué de subsister sous les différents climats, avec leurs diversités respectivement nationales.

Partout les manœuvres restaient les mêmes, en déclinant seulement; les programmes, le style, les tendances avaient seuls changé, et avaient changé en suivant la direction donnée par l'Orienl ; mais, ne l'oublions pas, cette direction n'était qu'une direction théorique.

Il faut comprendre qu'à un certain moment Rome ayant moralement disparu, le style latin, à part ce que l'arl byzantin en avait recueilli pour le transmettre à la postérité, l'art latin ne survécut que dans la main d'œuvre du dernier échelon et dans l'emploi de la construction par agglomération de petits matériaux.

De cet art romain qui aA'ait couvert le monde, il ne resta plus, un beau jour, que l'humble survivant des corporations obligatoires dont je vous ai fait le portrait à l'aide du beau livre de M. Choisy, Vart de bâtir chez les Romains. Il ne resta plus que cet héritier dégénéré de la pratique officielle de la construction organisée militairement et socialement par les Romains. Ce n'était là qu'un instrument, instrument romain sans doute, mais au service d'une pensée qui n'était plus romaine.

A ce moment, une seule chose de l'antique art romain survivait dans le monde : le ciment et son emploi.

M. Choisy a parfaitement compris cet état psychologique par où

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