Paris, 1817, 2 vol. in-4°, 40 pi
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d"or et d'argent avaient été aussi découverts. Le tout mêlé à des ossements humains.
Il résolut d'explorer ces tombeaux. Le résultat de ses premières explorations, entreprises en 183!>, l'engagea à écrire un rapport que la commission archéologique de la Côte-d"Or publia l'année suivante. Depuis lors, la question soulevée et posée n"a pas cessé de taire des progrès. Pendant longtemps rien n'égala en importance les fouilles de Charnay, et c'est pour cela que j'ai commencé par vous parler d'elles, quoiqu'il y ait eu, parallèlement, de nombreux travaux d'exploration des tombeaux barbares.
Pendant plus de vingt ans, M. Baudot fouilla la grande nécropole de Charnay \ dirigeant constamment la pioche des travailleurs, observant, comparant, étudiant la position de chaque objet.
Les observations ne furent pas faites à la hâte.
Il vit tout et fit tout par lui-même. L'étude des monuments barbares entre véritablement, avec M. Baudot, dans la période scientifique. Et ce fut par toute l'Europe une édifiante émulation.
'< C'est, dit M. Baudot, une étude curieuse et attrayante que les antiquaires des siècles présents avaient complètement négligée.
u Tout ce qui n'était pas romain étagt par nos devanciers réputé gaulois, et les arts industriels des Barbares, qui ont cependant un caractère si tranché et si individuel, étaient passés sous silence; comme si les envahisseurs de la Gaule avaient déposé aux frontières du pays leurs mœurs, leurs usages et jusqu'à leurs armes, leurs parures, pour s'identifier et se mêler d'avance à la nation qu'ils allaient subjuguer-. »
Il nous faut rétablir, restituer toute une civilisation disparue, tout un tempérament d'art. Pour arriver à ce résultat, nous n'avons que les cimetières mérovingiens.
<( Là, dit encore M. Baudot, vous trouvez les souvenirs du passé
1. Cliarnay est un village situé sur les bords de la Saône, entre Seurrc, qui appartient au département de la Côte dOr, et Verdun, qui appartient à celui de Saùnc-et-Luire. dont dépend la commune de Charnay.
2. II. liaudot. Mémoire sur les sépultures des Barbares de l'époque mérovingienne, découvertes en Bourgogne et particulièrement it Charnay. Mémoires de la commission des antiquités du département de la Cùte-d'Or, tome 'V, années 1>S57, J8. 59. 60.
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encore vivants. Le guerrier de race teutonique est couché dans son cercueil ; tout ce qui l'a le plus intéressé pendant sa vie, subissant le sort du maître, est venu prendre place à ses côtés dans la même tombe ; vêtements, armes, ornements, bijoux, objets servant aux cérémonies funèbres, tout est encore là. Vous pouvez interrop;'er ces témoins irrécusables, qui déposeront de la manière de se vêtir, de combattre et d'honorer la divinité ; ils vous feront voir où en étaient l'industrie et les arts à cette époque : la métallurgie, la verrerie, l'orfèvrerie, la céramique ont leur place dans ces musées i> funèbres '. »
Caumont, dans le tome VI de son Cours d^ antiquités monumentales publié en 1841, parle d'ustensiles et surtout d'épées et de sabres en fer et des circonstances par suite desquelles il fut conduit à les rapporter aux temps des premiers rois francs. Il donne également la liste des cimetières connus en 1841 où se trouvaient des objets semblables. La plupart avaient été découverts dans l'ancienne Neustrie.
« J'ai, dit l'abbé Cochet^, commencé mes études de concert, mais sans entente préalable avec des érudits qui fouillaient dans le même sens et pour le même but en France, en Suisse, en Angleterre, et en Allemagne. Mes travaux ont trouvé en eux un appui réciproque et inattendu.
« Les Anglo-Saxons de la Grande-Bretagne, décrits par MM. Wylie, Davis, Akerman, Thomas A\>ight, Néville et Roach Smith, sont les contemporains véritables et presque les parents de nos Francs-Neustriens. Ils sont comme eux les enfants de cette grande famille germanique qui couvrit l'Europe du iv»^ au vi*' siècle. Et si l'histoire ne le disait pas, il serait facile de démontrer par eux que l'heptarchie anglaise est contemporaine de notre polyarchie mérovingienne. »
Les magnifiques fouilles de M. Houben et surtout celles de MM. V. et L. Lindenschmit à Selzen près Mayence, nous font voir, dans leur source, cette civilisation allemande, ces coutumes franques, ces arts et ces usages germaniques qui, comme un fleuve.